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Le désarmement nucléaire, une nécessité pour la paix

jeudi 4 octobre 2018, par Anne Guillou , Jean Miossec

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C’est le titre du colloque organisé à Brest le 29 septembre par le CIAN 29, Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires. La 4acg, avec son objectif « contre la guerre », fait partie de ce Collectif, initié par le Mouvement de la Paix et l’Université Européenne de la Paix, et regroupant une quinzaine d’associations et d’organisations syndicales et politiques. Deux de ses membres ont suivi les travaux de ce colloque qui affiche, d’entrée, la banderole : « Si tu veux la paix, prépare la paix ».

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L’historien Bernard Ravenel, ancien président de l’Association France-Palestine Solidarité, rappelle les deux périls essentiels qui menacent l’humanité : le changement climatique et la question nucléaire. L’État français, qui a voté le Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires, n’a pas signé le Traité d’interdiction de ces mêmes armes. Ainsi, il maintient les citoyens dans une situation illusoire et dangereuse. Le danger nucléaire plane spécialement sur le Moyen-Orient. L’Iran a suspendu ses activités d’enrichissement de l’uranium. Mais Israël continue à perfectionner son armement nucléaire. La dénucléarisation de la région est une condition du retour à la paix.

Le sociologue Jacques Fath, ancien responsable des relations internationales du PCF, s’interroge sur le processus de désarmement généralisé. Le nucléaire n’est pas l’arme adéquate pour les crises actuelles. Il n’est pas davantage l’arme qui protège, comme l’exprime la doctrine de la dissuasion. La pensée stratégique de la France - s’insérer dans les rapports de force pour dominer - s’oppose à la Charte des Nations-Unies qui favorise la recherche de solutions pacifiques. Combattre l’idée que le nucléaire est un moyen de puissance et non de paix doit mobiliser les citoyens.

L’ancien ministre de Mitterrand, Paul Quilès, reprend l’objet de son dernier ouvrage, « L’illusion nucléaire », qui dénonce le non-engagement de l’État français dans un processus de dénucléarisation. L’auteur combat de fausses vérités largement partagées dans la société française (« Si on n’a pas eu de guerre, c’est grâce au nucléaire ») et dénonce les coûts de cet armement ravageur. Il déplore par ailleurs la relative paresse des responsables politiques, des partis politiques, des médias à considérer la gravité de la situation que la puissance du complexe militaro-industriel s’escrime à masquer. Le désarmement est un devoir légal. Cesser la course aux armements, choisir la force paisible d’une culture de paix, un choix de société..

Les interventions ont été suivies d’un débat : comment gagner la bataille de l’opinion publique ? Les Français sont traversés par une contradiction : ils sont d’accord à 76 % pour le désarmement nucléaire et favorables en même temps à 44 % à la modernisation des armes nucléaires. Il faut montrer que la sécurité de la nation s’obtient d’une autre manière que par le nucléaire. Le film « La bombe et nous » est un excellent moyen de populariser cette idée. Il faut faire face à l’inquiétude de ceux qui travaillent dans le nucléaire : une reconversion est possible. Les jeunes sont à viser prioritairement en développant une culture de la paix dans les écoles.

Anne Guillou, Jean Miossec