Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Initiatives

samedi 31 décembre 2011, par 4ACG

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Les 4acg de la région toulousaine s’activent…
« Tournée au pays du cassoulet »
Soirées films et débats, témoignages, émissions de radio.
Descriptif : Région toulousaine : soirées film « Comme un seul homme »et débats, témoignage auprès de jeunes volontaires européens sur le Larzac, intervention dans une émission consacrée aux jeunes réfractaires sur Radio-Larzac. Activités conjointes 4acg et réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie.

Robert Siméon nous envoie des nouvelles de sa région. Les 4ACG et les Réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie ont organisé ensemble des soirées débats.

Jeudi 8 avril 2010 :

Sur la proposition de Claire Mialhe, de l’UJFP (Union des Juifs de France pour la Paix), avec Robert Siméon, Anita et André Bernard, réfractaires et amis de 4acg, a lieu la projection au cinéma Utopia de Toulouse-Tournefeuille du film « Comme un seul homme » [1]. Malgré une salle trop peu nombreuse, le débat qui a suivi sur les manifestations non-violentes contre les camps d’assignation à résidence, dans les années 1959-1962, puis sur l’action des réfractaires à cette guerre, était intéressant.

Vendredi 9 avril, avec Robert Siméon, sur proposition d’Hélène Vincentini, animatrice du collectif contre l’islamophobie de la région toulousaine, projection du film « Comme un seul homme » à Montbrun-Bocage, village autogéré du Volvestre (Ariège). Le très bon débat qui s’est poursuivi tard en soirée, avec 25 participants de tous âges, sur les thèmes de la désobéissance, et des jeunes appelés piégés dans la « pacification ».

Samedi 10 avril : Robert Siméon et Hélène Vincentini ont rendu visite à Jean-Marie Jolivet, à Mazères du Salat. Il fut « porteur de valise » en 1958, à Paris, puis arrêté, et emmené menotté en Allemagne pour y faire ses classes. A l’issue de celles-ci, affecté menotté directement en Algérie, dans un commando du sud-algérien, le piège s’est refermé sur lui. Impossible de fuir, aucune permission évidement, il a vécu un enfer et ne s’en est jamais remis. Ses nuits sont encore hantées par les scènes d’horreur dont il a été témoin, et un séjour en hôpital psychiatrique, dans les années 90, n’a rien soulagé ! Jean-Marie adhèrera à 4ACG. Ce soir-là, sur invitation du ciné-club de Mazères du Salat, est projeté le film « Comme un seul Homme », suivi d’un débat passionné sur le colonialisme, avec une vingtaine de participants de tous âges.

Voici quelques conclusions à tirer de ces interventions : ignorance presque totale des divers actes de désobéissance pendant la guerre d’Algérie, surtout par les jeunes ! Méconnaissance de la 4ACG, sauf Jean-Marie qui avait découvert l’association en écoutant l’émission de Daniel Mermet. Même l’ancienne compagne de Benoist Rey [2], qui demeure à Montbrun, et que j’ai rencontrée à cette occasion, ignorait l’existence des réfractaires non-violents et de 4ACG ! Nécessité de faire des débats à partir d’un film de présentation…

2) Le 26 avril, intervention de Robert Siméon auprès d’un groupe de 25 jeunes volontaires européens, en visite sur le Larzac du camp militaire, sur le thème de la mémoire.

Les 5 et 19 mai : Une heure d’émission de Radio-Larzac (FM 87.8) a été consacrée aux réfractaires, avec Robert Siméon et Michel Lefeuvre, (militant non-violent de 1959 jusqu’aujourd’hui). Une façon pour l’association de se faire connaitre, avec ses valeurs, ses objectifs et ses actions.

Robert Siméon

Notes :

[1] film de François Chouquet qui raconte l’histoire de l’Action Civique Non-Violente et des réfractaires à la guerre d’Algérie

[2] Benoist Rey est l’auteur de l’ouvrage « Les égorgeurs »,qui raconte la vie ordinaire de son unité, en Algérie, de 1959 à 1960. Ce livre publié aux Editions de Minuit fut saisi à sa sortie en 1961. Il est disponible aujourd’hui aux Editions du Monde Libertaire


Une journée autour du thème « Du racisme colonial à la construction d’un ennemi intérieur » s’est déroulée le 30 octobre 2010 à Toulouse, à l’initiative de « Génération Spontanée », à laquelle ont participé des membres de 4acg. En effet, le premier débat de cette journée était consacré à la guerre d’Algérie avec les témoignages d’anciens réfractaires et d’appelés de la guerre d’Algérie, d’un ancien combattant algérien,de personnes ayant été victimes de la guerre.

Gérard Khin nous fait part de leur participation au premier débat au nom de 4acg.

Un rappel historique de ce que fût la guerre d’Algérie, ses causes ,ses conséquences est exposé par un jeune historien : Mathieu Rigouste (chercheur en sciences sociales et auteur de l’ouvrage « L’ennemi intérieur » publié en 2009) qui interviendra tout au long des débats en réponse à diverses questions.

La parole est ensuite donnée à trois témoins de cette guerre, deux pour y avoir participé:Gérard Kihn et Georges Garié et un pour avoir refusé d’y participer : Robert Siméon-Cadot.

Gérard Kihn présente l’association 4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre) composée actuellement d’anciens appelés qui reversent l’intégralité de leur retraite d’anciens combattants, et d’amis. Les sommes reçues permettent de financer, en partenariat avec d’autres associations, des actions d’aide et de soutien aux populations algériennes ayant particulièrement souffert de cette guerre.

Georges Garié fait part de l’action de l’association auprès des jeunes de nos collèges et lycées dans le cadre du devoir de mémoire que s’est fixé l’association 4acg et souhaite que les assistants à la présente réunion se fassent les interprètes auprès du personnel enseignant de notre action, afin de multiplier nos témoignages auprès des jeunes et des moins jeunes.

Robert Simeon-Cadot se présente comme ayant été un réfractaire à la participation à la guerre d’Algérie. Son refus de porter les armes contre le peuple algérien lui ayant valu d’être condamné à la prison et d’autres déboires. Il précise qu’il est fier d’avoir tenu cette position.

Le débat qui se poursuit avec la salle fait apparaître une frustration de certains de n’avoir pas eu par leurs parents toute l’information sur ces évènements d’Algérie mais ils comprennent combien le sujet était douloureux pour ceux qui avaient vécu cette période. D’autres assument le sentiment que leur propre histoire les a rendus à la fois français et algériens, en étant incapables de donner une préférence à l’une ou à l’autre de leurs racines profondes.

Enfin des contacts ont été établis qui laissent espérer qu’il y aura une suite positive à cette réunion initiée par Héléne Vincentini et Leila Belkacem qu’il faut remercier.


e 18 mars 2011 à Toulouse, l’association « Coup de Soleil » a invité la 4acg représentée par Jacques Carbonnel, Rémi Serres et Gérard Kihn, pour exposer la nature et les buts de la 4acg ainsi que notre perception de la guerre d’Algérie devant une assistance d’environ 25 personnes. Cette association composée d’anciens et de fils de pieds noirs et d’anciens immigrés œuvre au rapprochement avec l’Algérie.

Avec la présentation d’un film de propagande de l’armée expliquant laborieusement son rôle dans l’Algérie pendant la guerre on a pu apprécier le degré de stupidité de l’argumentaire. Puis on est entré directement dans le vif du sujet. Rémi Serres a présenté l’association ainsi que les circonstances de sa création et ses buts. Ensuite Gérard Kihn a évoqué les différents partenariats mis en route et les projets soutenus en Algérie, au Maroc et en Palestine en faisant ressortir les similitudes de situation de ce pays avec l’Algérie en devenir ainsi que les raisons d’une rébellion et de la résistance.

Jacques Carbonnel a quant à lui fait la description de la région d’Algérie au moment de son incorporation après un statut de sursitaire et ses doutes immédiats ainsi que sa résistance passive face aux velléités guerrières de sa hiérarchie. Enseignant il a refusé de faire l’école des officiers, ce qui lui a valu quelques désagréments immédiats. Il a également fait part de ses difficultés de résistance de soldat de 2e classe face à une hiérarchie omniprésente et mesquine ainsi que de ses craintes d’emprisonnement. Rémi Serres et Gerard Kihn évoquèrent à leur tour leur parcours dans l’armée et la guerre.

Les questions furent de plus en plus précises sur la torture, les exécutions sommaires la répression et les conditions de vie des soldats et leur sentiments face à la guerre. La question des harkis fut également abordée, sujet très sensible car dans l’assemblée il y avait des fils et filles d’anciens combattants et certainement des fils et filles de harkis. La position de la 4acg fut présentée avec notre humanisme coutumier et après une discussion serrée elle fut très appréciée car au-delà des positions idéologiques il reste des hommes avec leurs souffrances et les malheurs qui les ont accompagnés.

Après deux heures de débat notre intervention unanimement appréciée fut chaleureusement applaudie et le pot de l’amitié permit de continuer la discussion et d’aborder des points inédits.

Nous avions déjà rencontré cette association et nous pouvons dire que nous y avons notre place.

Gerard Kihn


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