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Paris : l’avenue Bugeaud, figure de la colonisation de l’Algérie, devient l’avenue Hubert Germain

samedi 26 octobre 2024, par Michel Berthélemy

Par Le Parisien avec AFP
Le 14 octobre 2024

Il s’agit du cinquième lieu débaptisé à Paris depuis 2001. Ces opérations ne concernent que « des cas exceptionnels », selon la mairie.

La maire (PS) de Paris avait annoncé son intention de débaptiser l’avenue Bugeaud en novembre 2023, en raison du « rôle éminemment néfaste » joué par le maréchal notamment en Algérie. LP/Olivier Lejeune

La maire de Paris Anne Hidalgo a inauguré lundi dans le XVIe arrondissement l’avenue Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, dont le nom remplacera celui du maréchal controversé Bugeaud, figure de la colonisation de l’Algérie par la France au XIXe siècle.

La maire PS avait annoncé son intention de débaptiser l’avenue Bugeaud en novembre 2023, en raison du « rôle éminemment néfaste » joué par le maréchal. En Algérie, dans les années 1830-1840, il s’était « rendu coupable de ce qui serait aujourd’hui qualifié de crimes de guerre ». Il a aussi commis des « exactions » en France, « en particulier lors de la répression de l’insurrection république de 1834 », soulignait la mairie pour justifier son choix.

« Nous avons décidé de renommer cette avenue afin qu’elle puisse prendre le nom d’une figure de combat, de tolérance et de liberté, dans la fidélité des valeurs qui sont celles de Paris », a-t-elle rappelé dans un communiqué publié lundi.

Hubert Germain, né dans le XVIe arrondissement, s’était engagé dans les Forces françaises libres dès juin 1940 et a participé au débarquement de Provence en 1944.

À travers ce changement de nom, la Ville souhaite « rendre un dernier hommage » à ce résistant, qui était « l’ultime survivant des Compagnons de la Libération » à son décès en 2021, explique-t-elle dans un communiqué diffusé mercredi.

« Le gommer complètement, c’est absurde et n’aidera personne »

La décision a été votée à l’unanimité au Conseil de Paris le 11 juillet, même si certains élus ont montré leurs réticences à débaptiser des rues : « qu’on vienne dénoncer (le colonialisme) aujourd’hui, oui. Le gommer complètement, c’est absurde et n’aidera personne », a plaidé l’élu LR Francis Szpiner.

Il s’agit du cinquième lieu débaptisé à Paris depuis 2001. Ces opérations ne concernent que « des cas exceptionnels », selon la mairie. Le dernier exemple remontait à 2013 : le collège Vincent d’Indy, dans le XIIe arrondissement, avait perdu le nom de ce compositeur aux positions antisémites pour devenir le collège Germaine Tillion.

Les anciennes plaques au nom du maréchal Bugeaud seront conservées au musée Carnavalet, qui retrace l’histoire de la capitale.

Source :
https://www.leparisien.fr/paris-75/...

édité par Gérard Webmaster

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