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« Made in Algeria, généalogie d’un territoire », du 26 février au 2 mai 2016, au MUCEM de Marseille

vendredi 29 janvier 2016, par Michel Berthelemy

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L’exposition, inaugurée le 26 février, se présente en quatre périodes-séquences, allant de l’avant 1830 à l’après 1962. Avant 1830, la représentation cartographique se cantonne à l’Algérie vue du large. Après 1830, la colonisation a « tracé » le territoire avant, (troisième période), de le « capter », c’est-à-dire à la fois de le cartographier en son entier et de se l’approprier. Et le panorama se termine, dans sa quatrième séquence, sur quelques aperçus post-indépendance.

Disons-le tout de suite : la guerre d’Algérie n’est pas le sujet de l’exposition. C’est ce qui s’est passé en amont de cette guerre qui est présenté. Made in Algeria, généalogie d’un territoire  veut rendre compte par les images, la cartographie et les relevés de terrain, de ce long et singulier processus qu’a été, à dire vrai, l’impossible conquête de l’Algérie. Les conflits même résiduels n’y ont jamais cessé durant toute la période de la colonisation.

La fabrique coloniale du territoire

Il s’agit là d’une exposition dédiée à la représentation d’un pays et de sa terre, l’Algérie. Une tentative de mise à plat d’une aventure moderne qui a commencé il y a plus de deux siècles et dont les effets durent jusqu’à aujourd’hui : la fabrique coloniale d’un territoire.
 Lorsque les Français débarquent à Sidi Ferruch en juin 1830, ils connaissent très mal le territoire de la Régence ottomane. Pour les Européens, seule compte la longue frange littorale. Ensuite, de la conquête d’Alger à la fin de la guerre contre Abd el-Kader, l’Algérie est le domaine des militaires. À mesure que l’armée d’Afrique conquiert le territoire algérien, l’imagerie ne va pas cesser de s’emparer des nombreuses expéditions façonnant une vision de ce territoire. Vision qui se développe par la suite, avec la forte symbolique des noms de lieux. Partout, et jusqu’à l’indépendance, vont se substituer aux noms autochtones des noms nouveaux donnés à des centres de colonisation ou à des villes algériennes rebaptisées. Ensuite, cette représentation se trouvera d’autres objectifs : comme le démontre Todd Shepard dans sa contribution au catalogue, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à 1962, les commentateurs vont décrire l’Algérie comme une terre d’expansion, une « frontière » censée revivifier la France. Ce pays a été durant plus d’un siècle un laboratoire majeur tant dans le domaine de l’agriculture, du tourisme, de l’architecture, des sciences et de la surveillance territoriale. Après l’indépendance, la construction de l’image du territoire algérien et d’une auto-représentation demeure un processus extrêmement complexe.

Un ensemble unique de représentations

Made in Algeria, généalogie d’un territoire montre comment l’invention cartographique a accompagné la conquête de l’Algérie et sa description.
L’exposition réunit un ensemble de cartes, dessins, peintures, photographies, films et documents historiques ainsi que des œuvres d’artistes contemporains qui ont arpenté le territoire algérien. Près de 200 pièces sont présentées provenant des plus grands musées français et étrangers ainsi que des créations contemporaines inédites… Un ensemble de cartes originales, d’une qualité esthétique rare, est pour la première fois montré au public.
 
Made in Algeria, généalogie d’un territoire, du 26 février au 2 mai 2016, au MUCEM à Marseille.

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