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Les massacres du 8 mai 1945 en Algérie hantent les mémoires. Mais pas toutes les mémoires….

mercredi 12 juin 2024, par Michel Berthélemy

Les massacres du 8 mai 1945 en Algérie : le silence d’Emmanuel Macron

Le 8 mai 1945, quand la France fêtait la victoire, son armée a massacré des milliers d’Algériens dans le Nord-Constantinois, un évènement irréversible pour le mouvement national algérien.

Histoirecoloniale.net, 15 mai 2024

Le 8 mai 2024 était le jour anniversaire de « l’autre 8 mai 1945 », c’est-à-dire du massacre de milliers de civils algériens par l’armée française et par des milices de colons européens à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout le Nord-Constantinois. Au moins 15 000 Algériens y furent massacrés à la suite de la participation de nationalistes algériens aux défilés célébrant la capitulation de l’Allemagne nazie, tuerie qui s’est prolongée jusqu’à la fin du mois de juin 1945. Dans la confusion qui a suivi le début de la répression à Sétif, 102 Européens ont également été tués. Jusqu’à ce jour, les seules déclarations officielles françaises sur cette tragédie ont été faites en Algérie et non à Paris.

Sous la présidence de Jacques Chirac, le 26 février 2005, à Sétif, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, les avait qualifiés de « tragédie inexcusable ». En 2008, sous celle de Nicolas Sarkozy, l’ambassadeur Bernard Bajolet à Guelma avait qualifié pour la première fois ces événements de « massacre » et ajouté : « Aussi durs que soient les faits, la France n’entend pas, n’entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé », ajoutant que ces massacres « ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile ». Mais rien de tel dans leurs déclarations à destination de la population française. Vers elle, ce fut de la part de Chirac la loi du 23 février 2005 sur les « aspects positifs de la colonisation » et de la part de Sarkozy la rengaine maintes fois répétée du « refus de la repentance ».

Depuis 2005, des commémorations, des réunions publiques et des rassemblements ont eu eu lieu un peu partout en France et ont donné lieu à de nombreuses demandes aux autorités françaises. En 2024, le 7 mai, le Centre culturel algérien de Paris a organisé un débat, et présenté aussi les clichés du photographe Abed Abidat pris récemment à Sétif, Guelma et Kherrata sur le thème des traces et des témoins du massacre. A Perpignan, le 11 mai, un dépôt de gerbe et la pose d’une plaque symbolique au nom de Saâl Bouzid ont eu lieu boulevard Jean-Bourrat, suivis d’une projection du documentaire « Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945 » de Mehdi Lallaoui, et d’un débat animé par Jacky Malléa. A Paris, le 25 mai, a été projeté le film « Heliopolis » de Djaffar Gacem, qui retrace les évènements tragiques du 8 mai 1945, en présence du réalisateur venu spécialement d’Alger. Salle comble au Luminor, dont une majorité de jeunes d’origine algérienne vivant en France, qui en échangeant avec Djaffar Gacem, ont pu éclairer une partie de leur histoire.

Le président de la République, Emmanuel Macron, qui avait pourtant annoncé à la veille de son élection vouloir faire preuve de lucidité sur le passé colonial français, est resté silencieux. Les choix politiques de son gouvernement semblent l’empêcher de revenir sur un crime colonial de masse commis sous l’autorité du gouvernement provisoire dirigé alors par le général de Gaulle. A Alger, rendant hommage aux victimes du 8 mai 1945, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a discrètement rappelé l’exigence de reconnaissance officielle de ce crime par la France.

Source :

https://histoirecoloniale.net/les-m...

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