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La violente répression du 17 octobre 1961 donnera lieu à des commémorations dans plusieurs villes de France

dimanche 11 octobre 2015, par Michel Berthelemy

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Le 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, le Front de libération nationale avait appelé à une manifestation nocturne à Paris pour protester contre le couvre-feu imposé aux Algériens, alors appelés “Français musulmans”. Des milliers de manifestants bravèrent l’interdiction du préfet de police de l’époque, Maurice Papon.

Le défilé fut sévèrement réprimé par la police française, faisant entre 30 et 200 victimes, selon les estimations. Le 17 octobre 2012, François Hollande déclare dans un communiqué émanant de l’Elysée : “Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes”.

Dans le sillage de l’ancien ambassadeur à Alger, Hubert Colin de Verdière, qui avait qualifié les événements du 17 octobre 1961 de “tragédie inexcusable”, le candidat Hollande avait opté,pendant sa campagne électorale de 2012, pour un geste fort en allant déposer une gerbe de fleurs sur le pont de Clichy.

La responsabilité écrasante de l’Etat français

Ce qui s’est passé ce jour-là, et les jours suivants, a marqué profondément les relations entre les communautés algérienne et française. Des violences d’une extrême gravité se sont en effet déroulées, immédiatement suivies d’un déni de la part des autorités françaises, aussi bien du préfet Papon que du premier ministre Michel Debré et du chef de l’état, le général de Gaulle, qui ne parlaient pratiquement que des policiers blessés, alors que les disparitions d’Algériens se comptaient par dizaines, sinon davantage. Il a fallu attendre, pour commencer à entrevoir l’ampleur de la tragédie, que des journalistes publient photos et enquêtes, et que des témoins osent dire ce qu’ils avaient vu. Plus tard, les historiens se sont chargés d’établir la vérité, non sans parfois quelques difficultés et menaces. Aujourd’hui, grâce à leur travail, à celui de plusieurs documentaristes et cinéastes, et à celui, essentiel, de Jean-Luc Einaudi, on parvient à avoir une idée plus précise des événements de ce sinistre épisode.

Dans son livre La police parisienne et les Algériens (1944-1962)  , Emmanuel Blanchard écrit : Le 17 octobre 1961, ce ne fut pas un service de maintien de l’ordre qui fut mis en oeuvre, mais une véritable “chasse à l’homme” fondée sur des critères raciaux . Après avoir rappelé que outre celui de “ratonnades”, c’est le terme de “pogrom” qui fut utilisé pour qualifier cette soirée, l’historien conclut que la qualification de “massacre colonial” rend mieux compte de ce que ces utilisations des forces de l’ordre participaient de techniques de gouvernement impérial .

En commémoration de cette tragédie, plusieurs rassemblements sont prévus en France dans les jours à venir :

A Paris, la population est appelée à se retrouver le samedi 17 octobre au Pont Saint-Michel, à partir de 17h30.

A Rennes, le samedi 17 octobre à 18h : rassemblement, prise de parole unitaire et jeté de fleurs dans la Vilaine, sur la Passerelle des Jumelages, quai Chateaubriand.
Toujours à Rennes, le lundi 19 octobre à 18h : Témoignage de Mohammed Ghafir dit « Moh Clichy ». Et à 19h30, représentation théâtrale : « Monique H, Nanterre 1961 », une pièce écrite par Mehdi Lallaoui, avec Myriam Allal et Leila Guérémy. (Espace international Pierre Jaffry, Maison Internationale de Rennes, 7 quai Chateaubriand. Métro et bus République. Entrée et participation libres )

A Besançon (25)  : le 17 octobre, projection du film « Les balles du 14 juillet 1953 », de Daniel Kupferstein, suivie d’un débat à l’occasion de la sortie du livre de Fabrice Riceputi : « la bataille d’Einaudi, comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République ».
Projection du film à 18H30 à la librairie l’Autodidacte 5, rue Marulaz. Débat à la librairie Le Marulaz, 20, rue de Vignier (de l’autre côté de la rue) en présence de Fabrice Riceputi.

A Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) : le vendredi 16 octobre à 19h, projection du film « Les balles du 14 juillet 1953 », de Daniel Kupferstein
Le MRAP 93 et le MRAP Noisy le Sec organisent une soirée débat autour de la thématique des « crimes d’Etat » à 19 H, salle Gérard Philipe - 105 rue Jean Jaures - 93130 Noisy le Sec, en présence de Pierre Mairat ( président du Mrap), Anthony Caille (CGT Police SGAP Paris) et Henri Pouillot (Sortir du colonialisme, appelé pendant la Guerre d’Algérie).

A Bobigny : jeudi 15 octobre à 20h30, la Cie théâtrale Parlons-en, de Bernard Gerland, propose une représentation de C’était un 17 octobre, ou le drame du 17 octobre 1961 à Paris et en région parisienne
Salle Max-Jacob, 35 rue de Vienne. Entrée gratuite sur réservation au : 01 48 96 25 75
www.culture.bobigny.fr

A Tournon : lundi 12 octobre à 20h, C’était un 17 octobre, spectacle par la Cie Parlons-en de Bernard Gerland
Lycée Marius Bouvier, 69 route de Lamastre à Tournon. Réservations : comitepaix2607 orange.fr

A Grenoble  : samedi 17 octobre à 20h30, représentation théâtrale par la Cie de Bernard Gerland : C’était un 17 octobre. Soirée proposée par l’ANPNPA .
Salle Olivier-Messiaen, 1 rue du Vieux-Temple, Grenoble. Réservation : contact anpnpa.org

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