Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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La 4acg au Salon anticolonial 2012

mercredi 7 mars 2012, par Michel Berthelemy

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Chaque année, depuis 2005, le Salon anticolonialiste permet à un grand nombre d’associations d’accueillir et de dialoguer avec un public intéressé par leurs actions.
Conférences et rencontres se succèdent tout au long du week-end, avec en point d’orgue la remise du Prix du livre anticolonialiste de l’année.

Fatima a 44 ans. Durant la guerre d’Algérie, son père était harki enrôlé de force par l’armée française. Sa mère combattait dans les rangs de l’ALN. Aujourd’hui, elle cherche à savoir comment ses parents ont pu vivre une telle schizophrénie familiale. Elle « creuse son histoire », pour elle et pour ses enfants.

Houria avait douze ans. A Oran, en 1961, elle est « tombée amoureuse » d’un jeune appelé du contingent, avec qui elle aimait parler. Amour platonique, bien sûr, mais qu’elle n’a jamais oublié. Cinquante ans après, elle en a encore les larmes aux yeux.

Ce sont deux rencontres, parmi d’autres, rendues possibles par le Salon du Livre anticolonial. Salon qui s’inscrit dans une longue série de manifestations qui, commencées le 24 février, se termineront, dans toute la France, le 17 mars, par une journée de mobilisation anticoloniale et antiraciste, organisée par les associations Sortir du colonialisme et D’ailleurs, nous sommes d’ici.

La 4acg : une association qui surprend toujours

Le stand de la 4acg proposait documents et ouvrages écrits par quelques uns de ses membres. Beaucoup de visiteurs, ne nous connaissant pas, se sont montrés surpris de notre existence. Avec nos amis Réfractaires non-violents - nos voisins de stand - nous avons pu constater l’étonnement suscité dans le public par nos actions respectives !

Conférences et projections se sont succédé, sur des sujets tels que l’accaparement des terres, comment extirper le colon/colonisé qui est en nous, sortir du franc CFA, les actions de La Main rouge, immigration et colonialisme, et la Reconnaissance du 17 octobre comme crime d’Etat, à laquelle a participé notre ami Xavier Jacquey. Lequel vient de publier un ouvrage intitulé Ces appelés qui ont dit on à la torture (éditions L’Harmattan).

Frantz Fanon et Mumia Abu Jamal

Une exposition Frantz Fanon a permis, durant ces deux journées, de rappeler les multiples facettes de ce grand militant, penseur et théoricien de l’anticolonialisme qu’était Frantz Fanon, également médecin psychiatre et membre du FLN.

Deux Prix ont été remis dans la journée de dimanche. Le premier, le Prix du colonialiste de l’année, a été remis à Claude Guéant pour diverses déclarations. Comme pour mieux mériter sa distinction, Monsieur Guéant a encore affirmé le 2 mars qu’accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que « des étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les cantines ».

La remise du Prix du Livre anticolonial 2012 a clos ce week-end très dense. Il a été attribué à Mumia Abu Jamal, ce condamné à mort américain qui se bat depuis de très nombreuses années pour faire reconnaître son innocence. C’est son fils qui a reçu le Prix, et qui sera l’émissaire du public français auprès de son père.

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