Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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L’œil est dans la tombe…

samedi 7 décembre 2013, par Michel Berthelemy

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Le Général Aussaresses crée la stupeur, en novembre 2000, quand il révèle dans le quotidien Le Monde, et contrairement à ce qu’elle avait toujours affirmé, que l’armée française avait instauré en système la pratique de la torture en Algérie. Le Général Aussaresses, alias « commandant O », est mort le 4 décembre, à 95 ans.

Escadrons de la mort, tortures, exécutions sommaires, c’est la bataille d’Alger, en 1957. Aussaresses y est appelé par Massu. Dans son livre « Services spéciaux, Algérie 1955-1957 », on découvre qu’il a pendu Larbi Ben M’Hidi, et fait précipiter dans le vide Ali Boumendjel, avocat du FLN. La thèse officielle continue, encore aujourd’hui, d’avancer la thèse du suicide. Dans ce même ouvrage, il laisse entendre qu’il connaît la vérité sur la mort du jeune mathématicien Maurice Audin, « disparu » en 1957. Il aurait demandé à Massu de le délier du pacte de silence conclu cinquante ans plus tôt. Massu aurait refusé.

Combien de combattants Algériens Aussaresses a-t-il torturé, tué, fait assassiner ? Des centaines ? Des milliers ? Il ne le savait plus lui-même, lorsque Florence Beaugé lui posait la question en 2000. Il avouait même avec le sourire avoir floué Paul Teitgen, secrétaire général chargé de la police à la Préfecture d’Alger : « je lui faisais signer des assignations à résidence qui permettaient d’enfermer les personnes dans des camps. En fait, on exécutait ces détenus, mais Teitgen ne s’en est rendu compte qu’après ».

Déchu de sa Légion d’honneur par Jacques Chirac, suite à ses révélations, Aussaresses est mort dans la solitude, chez lui, près de Strasbourg. Qui le regrettera ?

Michel Berthelemy

Messages

  • je voulais vous remercier depuis longtemps de tout le travail de mémoire et de solidarité, que vous faites admirablement…
    Le tortionnaire de mon père vient de mourir, nous n’avons qu’une seule pensée : « qu’il aille en enfer… là où est sa place… tellement il a assassiné la paix en tuant un juste et en le faisant passer pour terroriste, et en simulant pour l’humilier dans sa mort, le suicide… ».
    Comme si un juste çà se suicidait… ???
    Mais ce tortionnaire avéré et institué, c’est constitué « le révélateur de la vraie histoire des agissements de l’armée française à cette époque - dans leur »bataille d’Alger« février/avril 1957… dans leur »pouvoirs spéciaux« comme fait de guerre »victorieuse« après Dien bien Phu…. », par les tortionnaires MASSU, BIGEARD, AUSSARESSES, CHARBONIER, ERULIN, JEAN-PIERRE, ……
    La France officielle institutionnelle ne veut pas nous rendre justice, et reconnaître enfin que la torture fût une pratique permanente de l’armée française durant la colonisation en Algérie… la torture instituée comme instrument de répression des révoltes populaires algériennes…
    L’implication des politiques « de la gauche française » est avérée, et nous savons que François MITTERAND - ministre de la justice et garde des sceaux - par l’intermédiaire de la personne du juge Bérard - son représentant auprès de l’armée de répression investit de pouvoirs judiciaires , est directement impliqué par acquiescement, dans la mort de Ben M’hidi « chef militaire du FLN » par pendaison, celle d’Ali BOUMENDJEL « représentant politique » de Abane RAMDANE « chef de la lutte de libération nationale » par défenestration, celle de Maurice AUDIN « jeune mathématicien français » par corvée de bois, celle de Cheikh Larbi TEBESSI « chef religieux Oulamas d’Alger » par corvée de bois « sauterelles de Bigeard », etc…. etc…
    L’obligation d’écrire l’histoire s’impose à nous avec le recul des faits et la distance qui nous est imposée pour qu’éclate la vérité…. pour les générations multicolores et multiculturelles qui constitue la France d’aujourd’hui…. avide de justice.
    salutations fraternelles,
    Sami BOUMENDJEL
    09/12/2013

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