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L’Algérie condamne vigoureusement l’attentat et proclame sa solidarité avec les Français

samedi 10 janvier 2015, par Michel Berthelemy

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L’Algérie condamne très fermement l’attentat contre Charlie-Hebdo, et exprime sa totale solidarité au peuple et au gouvernement français.

Dans un message adressé au Président de la République française, le Président Abdelaziz Bouteflika écrit : « j’ai appris avec consternation l’attaque perpétrée contre le siège du journal Charlie-Hebdo. Au moment où la France fait face à cette épreuve tragique, je tiens à vous exprimer, ainsi qu’aux proches des victimes, au nom du gouvernement et du peuple algériens, et en mon nom personnel, nos condoléances les plus attristées, ainsi que notre condamnation vigoureuse de cet acte barbare que rien ne peut justifier ». Il ajoute : « le peuple algérien, qui a souffert de longues années des affres du terrorisme, mesure l’émotion du peuple français ami et lui exprime, à travers vous, sa solidarité et sa sympathie ».

Des réactions multiples et convergentes

Tous les journaux algériens ont réagi avec stupeur à cet attentat. Les associations musulmanes, à leur tour, sont très vite montées au créneau.
Cheikh Khaled Bentounès, chef spirituel de l’association internationale soufie Alâwiyya, appelle à « agir ensemble pour défendre les valeurs de notre société, car c’est son essence même qui est visée ». L’association dénonce des actes de barbarie et proclame : « ne laissons pas l’ignorance justifier l’intolérable ».
L’union des organisations islamiques de France (UOIF), condamne de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres. Selon Nabil Ennasri « ces criminels, qui pensaient venger le Prophète, ont surtout trahi le message de l’islam, usurpé le message du Prophète et mis dans un extrême embarras des millions de citoyens musulmans français ».

Mais ce qui vient de se passer à Paris a réveillé chez les Algériens un désagréable sentiment de déjà-vécu pendant la « décennie noire » des années 90. « Je suis encore sous le choc », dit Naïma, aide-soignante à Alger, « j’ai l’impression de revivre les années de plomb ». Pour l’écrivain Lazhari Labter, « nous ne pouvons faire fi de l’analyse de ces années noires, parce que c’est à leur aune que l’on mesure l’étendue du carnage qui continue d’endeuiller de nombreux pays ».
Pour Amina, étudiante à Alger, « peu importent les polémiques soulevées par les caricatures de Charlie-Hebdo, un meurtre reste un meurtre et il doit être condamné le plus fermement possible ».
En réalité, pour Lazhari Labter, « c’est au nom d’une idéologie obscurantiste, réductrice et nihiliste » que cette attaque a été perpétrée et justifiée.

Des réactions « à chaud » dans le quartier Barbès

Au cœur de Paris, à Barbès, les réactions sont unanimes. Ahmed, 67 ans : « ces dingues n’ont pas assassiné au nom de l’islam, mais au nom des islamistes terroristes ». Shaim, 30 ans : « ces terroristes ne nous représentent pas, notre religion c’est tendre la main à l’autre ». Ghodbane, 27 ans, depuis six ans en France, « se sent sali par ces barbares, ils font honte à tous les musulmans ». Fouad craint, lui, une aggravation de la stigmatisation des musulmans, « cette tuerie c’est 10% de voix en plus pour le Front national ».

Impossible de mentionner l’ensemble des réactions provoquées par cette tragédie. Disons simplement qu’elles vont toutes dans le même sens, celui d’une condamnation sans appel, assortie de l’espoir qu’un tel acte n’entraîne pas de sentiments d’exclusion et de rejet de nos compatriotes musulmans.

Michel Berthelemy

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