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L’Affaire Iveton au théâtre. Benjamin Stora participait au débat

mardi 6 mars 2018, par Michel Berthelemy

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Jusqu’au 10 mars, on peut voir au Théâtre des Déchargeurs à Paris, une représentation directement inspirée du livre de Joseph Andras, « De nos frères blessés », consacré à Fernand Iveton, ce jeune européen indépendantiste exécuté en 1957. Benjamin Stora a vu ce spectacle et reconstitue ici le contexte historique de l’ « Affaire Iveton ».

L’historien rend d’abord hommage à Jean-Luc Einaudi qui, le premier, a publié en 1986 un livre enquête sous le titre de « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton » édité chez L’Harmattan
Cette enquête est qualifiée de « courageuse » par Benjamin Stora. En effet, lorsque paraît le livre de Jean-Luc Einaudi, François Mitterrand est président de la République. Il était alors impensable de le mettre en cause, lui qui venait en 1981 d’abolir la peine de mort, alors que Garde des Sceaux en 1956-57, il avait refusé la grâce de Fernand Iveton. Début des années 2000, les archives commencent à s’ouvrir aux chercheurs. Quand François Mitterrand quitte le ministère de la Justice à la fin du mois de mai 1957, 45 condamnés à mort algériens ont été guillotinés en seize mois, précise Benjamin Stora. François Mitterrand était en 1956, le n° 2 du gouvernement.

Avec le roman de Joseph Andras, on redécouvre l’affaire Iveton, premier et unique européen à être guillotiné pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie, alors qu’il n’avait tué personne (il ne voulait tuer personne) et que la bombe n’a pas explosé.
Entre le moment de son arrestation, novembre 1956 et celui de son exécution, février 1957,, il s’écoule à peine trois mois. L’année 1956 est « une année importante pour la guerre d’Algérie », qui change de visage », observe l’historien. Suite au vote des pouvoirs spéciaux en mars 1956, 400 000 appelés vont rejoindre l’Algérie. Ils seront 3 millions à la fin de la guerre. « Avec les pouvoirs spéciaux et la mobilisation du contingent, c’est toute la société française qui va être concernée par la guerre d’Algérie », rappelle Benjamin Stora, qui ajoute « jusque-là, pour la métropole c’était une guerre lointaine. »
C’est aussi en mai 1956 avec l’embuscade de Palestro (lire L’embuscade de Palestro. Algérie 1956, de Raphaëlle Branche aux éditions La Découverte, décembre 2017, ndlr) que des jeunes appelés tombent dans une embuscade du FLN. Cet événement suscitera une grande émotion en France. Jusque-là, c’était le corps expéditionnaire qui était envoyé au front en Indochine ou en Algérie.
Sur tous les plans, politique, militaire, stratégique, l’année 1956 aura décidément marqué une étape décisive dans la guerre d’Algérie.

« De nos frères blessés », par le Collectif Satori, mise en scène de Fabrice Henry, au Théâtre des Déchargeurs (M° Châtelet), jusqu’au 10 mars, du mardi au samedi à 19h.

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