Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Guerre d’Algérie et guerre d’indépendance du peuple algérien

dimanche 15 octobre 2017, par Alain Desjardin, 4ACG

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Quatre anciens appelés en Algérie, paysans du Tarn et de l’Aveyron, ont créé en 2004, l’association 4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre).

Extrait de la charte des valeurs et objectifs de la 4acg :
« La 4acg est une association laïque, indépendante de toute institution politique, philosophique ou religieuse. Elle refuse la violence et la guerre, comme moyen de résolution des conflits, car générant toujours une spirale qui conduit fatalement à la barbarie. »
En reversant leur retraite d’anciens combattants, les membres de la 4acg financent des associations pour l’éducation, la culture et la justice. En priorité, en Algérie et en Palestine.

En 2013, un documentaire a été réalisé par Emmanuel Audrain. Ce film, « Retour en Algérie » est diffusé actuellement en plusieurs salles de notre région, Rodez, Villefranche, et le mardi 10 octobre au cinéma de Millau, où la salle était pleine, le public étant resté pour participer au débat qui s’en est suivi. Les hommes qui témoignent dans ce documentaire, tous membres de la 4acg, étaient entre 1954 et 1962, de jeunes soldats, gradés ou non, ils ont été des combattants de terrain, ils appartenaient à des unités de combats, dont parachutistes, et nombre de leurs camarades ne sont pas revenus vivants.

Personnellement, actuellement Président de la 4acg, je pourrais ajouter à leurs témoignages : j’étais au 14e régiment de chasseurs parachutistes, envoyé en Algérie en 1956, après avoir parcouru la « vallée des Singes », les Monts Chréa et l’Atlas, la riche plaine viticole de la Mitidja, puis celle du Chélif ; après avoir tremblé dans les gorges de Palestro, eu chaud dans le Ouarsenis et pensé mourir lors d’une opération avec le MNA contre le FLN ; après avoir eu froid dans les monts du Djurdjura, et dans les montagnes de la frontière marocaine où, tombés en embuscade, le général Crèvecoeur nous a refusé par radio l’envoi d’hélicoptères pour retirer les blessés, le sergent-chef Betteleli et le lieutenant Frolich sont morts à mes côtés sans que je puisse les sauver ; après avoir subi les effets du Sirocco à près de 60 degrés de chaleur entre Bir-Rabalou et Beni-Slimane et avoir eu faim dans le désert et très souvent soif en opération… je voudrais dégager quelques autres impressions de cette sale guerre – gâchis de notre génération, massacres des communautés rurales d’Algérie et désorganisation de la société algérienne.

Non Monsieur André Didyme (qui n’avez pas vu le film avant d’écrire dans le Journal de Millau du 12 octobre 2017) nous n’étions pas partis en colonie de vacances non, nous n’étions pas des « planqués », nombre d’entre nous ont été blessés, décorés, nous avons tous vu mourir nos camarades, impuissants à les secourir, mais d’avoir été des combattants ne nous dispense pas d’avoir été révoltés par la souffrance des populations civiles, par la torture de gamins de 14 ans, par les viols commis dans les villages, par les massacres de femmes, d’enfants, de bébés cloués sur des portes… Révoltés aussi par les mots d’un capitaine sur le quai de Philippeville, où nous sommes 800 paras libérables : « à votre retour en France, ne dites pas que vous avez fait la guerre mais la « pacification »… que ceux qui ne sont pas d’accord avancent d’un pas, ils partiront 24h plus tard »… dans un silence moqueur, la majorité des soldats et des gradés ont avancé d’un pas. Et nous avons embarqué.

En 2016, à la 4acg, nous nous sommes attachés à la rédaction d’une Charte de la Fraternisation entre les peuples français et algérien, afin de renforcer les actes que nous posons entre les peuples des deux rives de la Méditerranée. Ici, nous relevons un passage de la Charte :
« Qu’en l’espèce, tout en veillant strictement à ne pas mettre sur le même plan l’oppresseur et l’opprimé, l’impartialité invite à la reconnaissance, par nos deux peuples, des violations graves des droits de l’homme commises au cours de cette période douloureuse, que soient reconnues et honorées les mémoires des victimes de tous les massacres collectifs, les exactions subies par les populations civiles quelles qu’elles soient du 8 mai 1945 à juillet 1962 ».

Alain Desjardin, Président de la 4acg
13 octobre 2017

Article de M. André Didyme paru dans le Journal de Millau du 12 octobre 2017
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http://www.4acg.org/Charte-des-valeurs-et-objectifs

http://www.4acg.org/Charte-de-la-fraternisation-entre-les-peuples-francais-et-algerien

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