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France-Algérie : l’histoire au péril du politique

vendredi 10 janvier 2025, par Michel Berthélemy

L’Histoire - janvier 2025

La commission mixte franco-algérienne d’historiens est en panne suite aux déclarations politiques.

Tout semblait assez bien parti. A la suite du rapport consacré aux questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’indépendance algérienne remis par Benjamin Stora, le 20 janvier 2021, le président de la République française Emmanuel Macron avait signé, en août 2022, avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, la déclaration d’Alger. Elle prévoyait la création d’une commission mixte franco-algérienne d’historiens composée de dix membres : cinq du côté français (Benjamin Stora, qui en assure la coprésidence, Florence Hudowicz, Jacques Frémeaux, Jean-Jacques Jordi et Tramor Quemeneur) et cinq du côté algérien (Mohamed El-Korso, Idir Hachi, Abdelaziz Filali, Mohamed Lahcen Zeghidi et Djamel Yahiaoui). Côté français, des archives de la guerre d’indépendance ont été ouvertes concernant les disparus. La France a aussi reconnu ses responsabilités dans les assassinats de Maurice Audin, Ali Boumendjel ou Larbi Ben M’hidi.

Côté algérien, en revanche, les choses n’ont guère avancé. L’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance demeure un instrument politique. Et les déclarations d’Emmanuel Macron à Rabat, fin octobre 2024, concernant « la souveraineté du Maroc » sur le Sahara occidental, n’ont rien arrangé.

Le temps de la politique n’est pas celui de l’histoire. Les historiens n’avaient pas attendu les déclarations présidentielles pour travailler. En novembre 2024, l’Institut du monde arabe à Paris a accueilli des rencontres lors desquelles des artistes - l’écrivain Kamel Daoud, prix Goncourt en 2024 pour Houris (l’histoire d’une jeune fille pendant la décennie noire, interdit en Algérie), le dessinateur Jacques Ferrandez ou la réalisatrice Jacqueline Gozland - ont expliqué la place que tient la colonisation dans leur œuvre.

Un colloque devait se tenir au printemps 2025 avec des archivistes et des historiens des deux pays pour identifier les archives de l’époque coloniale (1830-1962) et les localiser. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les Français auraient tout emporté, 80 % de ces archives sont toujours en Algérie. Très peu - essentiellement celles qui concernaient le domaine régalien de l’État - ont été rapatriées en France au moment de l’indépendance algérienne. C’est un enjeu important de les ouvrir aux étudiants et jeunes chercheurs très intéressés par cette période. L’arrestation, le 16 novembre 2024, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal (cf. p. 98) est un coup de tonnerre. Des deux côtés, la politisation instrumentalise et rend difficile le travail des historiens et des archivistes. Pour l’instant, la commission « mixte » est en panne et le colloque risque de n’accueillir que des historiens français.

Source :

https://www.lhistoire.fr/france-alg...

Messages

  • "Crise franco-algérienne".
    Les Français et tous ceux qui dans le monde ont profité du pillage colonial ne comprennent pas la vision que les colonisés ont du colonialisme car ils ne veulent pas comprendre que le récit colonial met face à face deux peuples dont l’un est victime de l’autre, que cette situation du maître et de l’esclave a pu être de très longue durée et que le colonisé sorti finalement vainqueur de cette guerre asymétrique considère qu’il a des droits à défendre. Ce n’est pas la "rente mémorielle" qu’il place au premier plan mais une rente d’espèces sonnantes et trébuchantes à laquelle il a droit.
    On apprend aux Français une histoire du « de part et d’autre qui raconte que les uns et les autres ont commis des crimes et des atrocités qui se valent. Chacun reconnaît ses crimes. Le discours historique s’arrête là. Pas de responsable, pas de coupable. Une belle amnistie en plus et tout le monde il est gentil tout le monde il est blanc comme neige, tout le monde il est content. Le Pen peut se présenter, plusieurs fois, aux élections présidentielles et le ministre de la République Bigeard se pavaner dans les salons de la République. Pas de Nuremberg pour des siècles de colonialiisme, le pire des crimes contre l’humanité par son extension dans le temps, des siècles, dans l’espace, le monde entier, et par le nombre des victimes, des milliards et l’immensité des destructions matérielles et idéelles. Regardez ce que les colonialismes franco-britannique et sioniste ont fait de la Palestine et du Proche-Orient.
    « Enrichissez.vous », répétait la bourgeoisie des métropoles coloniales et ils se sont énormémednt enrichis sur le dos de leur prolétariat et sur celui des peuples colonisés. Et vous, enfants aux têtes blondes, vous voyez maintenant qu’avec le « de part et d’autre », il ne s’agit pas de renvoyer dos à dos, comme le fait l’histoire officielle, des peuples également responsables du malheur colonial mais il s’agit, d’un côté, de peuples qui ont colonisé et, de l’autre, de peuples et de continents qui ont été colonisés. Et cela change tout.
    Français, Britanniques, Américains et autres Occidentaux profiteurs de siècles de colonisation, vous voulez conserver l’enrichissement accumulé (et oui, vous êtes des conservateurs) et surtout vous ne voulez pas rendre gorge.
    Non, et vous le savez bien, les colonisés ne vous demandent pas de vous repentir, ils ont pratiqué vos repentirs chrétiens et connaissent bien votre point faible : ils vont exiger que vous payiez. Une autre répartition de l’enrichissement. Le contraire de ce qui s’est passé à Haïti qui a dû payer à la France des sommes considérables pour obtenir son indépendance. Le pays ne s’en est jamais remis.
    Les Algériens ne doivent donc rien à la France, aucune reconnaissance pour quelques avantages accordés par les lois républicaines comme celle de 1968. Ils sont indépendants, ils sont fiers de l’être, ils demandent d’être traités comme des égaux et ils exigent leur dû pour les abus de la colonisation par exemple avec les explosions nucléaires dans le Sahara et bien d’autres qu’ils rappellent parfois au pays colonisateur !
    Jacque Pous, réfractaire (déserteur) à la guerre d’Algérie.

  • Les ex pays colonisateurs (très majoritairement européens) qui ont pillé les richesses des pays conquis, et vendu des millions d’esclaves de ces mêmes colonies, continuent de les considérer comme une terre promise, un terrain de jeu pour le PARIS-DAKAR, leurs citoyens pour des "stück", leurs dirigeants pour des pantins aisément corruptibles !
    On ne se refait pas, même après plusieurs générations.
    Et ce n’est pas le capitalisme financier international qui changera les choses, bien au contraire !

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