Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Des poèmes, des fleurs et la Maine

vendredi 19 octobre 2012, par 4ACG

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17 octobre : Commémoration à Angers, 2012.

Nous étions bien une trentaine de femmes et d’hommes, en cette soirée pluvieuse du 17 octobre 2012, rassemblés à 17 h 30 au bout du pont de la Confluence à Angers, à l’appel de la 4acg, appel relayé par le Mouvement de la Paix. Parapluies déployés, capuches rabattues ou têtes nues, qu’importe… ce qui comptait n’était pas le temps qu’il faisait mais l’événement commémoré : à l’esprit de chacune et chacun, le souvenir très présent de cette sinistre nuit du 17 au 18 octobre 1961 pendant laquelle nos frères algériens ont été massacrés et jetés -parfois vivants- dans la Seine à Paris, sous le commandement du préfet de police Papon, aux ordres alors de l’Etat français.

Il y avait là des anciens, des jeunes et des moins jeunes, rassemblés calmement pour cette commémoration. Chacun répondant volontiers aux questions de la journaliste du Courrier de l’Ouest venue couvrir la manifestation avec, semble-t-il, un réel intérêt.

Lecture à plusieurs voix algériennes et françaises de poèmes écrits par des auteurs algériens et français… « Peuple français, tu as tout vu, tu as vu notre sang couler, ces corps martyrisés, qui rappelaient aux Parisiens leur propre résistance. Peuple français, tu as tout vu, et maintenant vas-tu
parler ? et maintenant vas-tu te taire ? » Kateb Yacine.

Lecture de poèmes

Puis marche silencieuse et recueillie jusqu’au milieu du pont, là où une cinquième plaque rappelait « 17 octobre 1961. Des Algériens jetés dans la Seine. Souvenez-vous ». Quelques instants de silence encore. Et puis l’évocation d’un rescapé de cette horrible nuit qui, contraint heureusement de prendre son vélo ce soir-là pour venir à la manifestation pacifique, avait
pu échapper au massacre… Cet homme n’est autre que le père de Mehdi Lallaoui, cinéaste, qui se bat depuis des années pour la reconnaissance officielle de ces crimes.

Le temps encore de rappeler que si nous étions bien sur le « pont de la Confluence » (entre la Sarthe et la Mayenne) la confluence que nous voudrions célébrer, c’est celle de l’Algérie et de la France…« Celle-ci ne sera vraiment réalisée que lorsque l’Etat français reconnaîtra officiellement sa responsabilité dans les crimes du 17 octobre 1961 » a-t-il été dit. Fleurs déposées par les présents, une à une, au milieu du pont, jusqu’à former une gerbe à la mémoire de nos frères algériens morts le 17 octobre 1961… Papiers aux couleurs de l’Algérie, pliés en forme de fleurs et renfermant dans leur corole les poèmes évoqués, puis jetés par dessus le pont et emportés par le courant de la Maine sous le regard intrigué d’une équipe sportive d’aviron venue s’entraîner là…Traversée du pont enfin. Et dispersion… toujours sous la pluie et sous un ciel de plomb.

En rentrant, nous avons peut-être été nombreux à entendre à la radio le communiqué suivant émanant de la Présidence de la République, rédigé par François Hollande : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance, ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. 51 ans après cette tragédie je rends hommage à la mémoire des victimes ».

Un pas en avant a été fait. Belle illustration des paroles de Mehdi Lallaoui à qui l’on demandait si une petite et discrète manifestation à Angers était opportune compte tenu des difficultés d’organisation : « Les petites lumières se voient très bien de nuit » a-t-il répondu. En effet.


Les poèmes lus :« 17 octobre » Kateb Yacine, « La voix du silence » Anissa Mohammedi, « Du nouveau sous les ponts » Ludovic Janvier

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