Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Article du journal « La Croix » (30/3/2008)

mardi 15 avril 2008, par 4ACG

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30/03/2008 19:15


D’anciens appelés en Algérie mènent des actions humanitaires

L’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre a décidé de soutenir de nouveaux projets de développement sur l’autre rive de la Méditerranée

« C’est notre façon à nous de rembourser notre dette. » Le propos est souvent revenu, tel un slogan, durant le congrès de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (1), qui s’est tenu ce dernier week-end de mars à Lorient. L’association a été créée en 2004 par quatre paysans sexagénaires du Sud-Ouest désireux de faire don de leur retraite de combattant (près de 500 € par an) pour soutenir des projets d’aide au développement en terre algérienne. Depuis, elle n’a cessé de croître, comptant aujourd’hui 200 adhérents.

Compte tenu de l’exigence du but affiché, c’est un succès. Un demi-siècle après la « guerre sans nom » qui a fait près de 500 000 morts – civils et militaires –, cela va dans le sens de la volonté d’œuvrer concrètement à la réconciliation. Dès la fondation de leur structure, ces anciens appelés se sont, en effet, efforcés de concilier leurs convictions non violentes avec la réalisation d’actions humanitaires.

Parmi ces dernières, la revitalisation de Tazla, situé au sud de la wilaya (ou département) de Béjaïa, a une portée symbolique particulière. Faisant partie des « zones interdites » durant la guerre, ce village de Kabylie a été vidé de sa population en 1958 par l’armée française, qui l’a ensuite complètement détruit pour qu’il ne serve pas de base opérationnelle aux indépendantistes du Front de libération nationale (FLN).

Traumatismes
Cet acte a d’autant plus meurtri les habitants que le village, perché sur une colline, bénéficiait d’un microclimat propice à la culture, sur de petits champs en terrasses, de fruits (figues, pêches, poires) et légumes (tomates, poivrons, haricots verts) ainsi qu’à l’élevage de vaches et de brebis. Tazla avait, par ailleurs, du cachet avec ses entrelacs de ruelles bordées de maisons de vieilles pierres. Et la fertilité des vallons l’entourant était réputée jusqu’à Alger.

Les traumatismes de la guerre ne s’oublient pas si vite. Aussi, ce n’est que plusieurs années après la fin du conflit que quelques familles ont osé revenir au village. Aujourd’hui, elles sont une vingtaine et ont, petit à petit, reconstruit ce qui pouvait l’être. Mais, démunies, elles se sont senties impuissantes à remettre à niveau l’agriculture locale. L’association des appelés a été alertée, en 2005, sur leurs difficultés par une organisation humanitaire montpelliéraine : la Banque d’échange, de documentation et d’expériences (Bede).

Comme paysans, les quatre fondateurs de la structure associative – Michel Delsaux, Rémi Serres, Georges Treilhou et Armand Vernhettes (président) – ne pouvaient qu’être encore plus sensibles à cet appel venu du fin fond de la Kabylie. L’un d’eux, Rémi Serres, agriculteur dans le Tarn, s’est rendu sur place pour faciliter, avec l’appui logistique de la Bede, la mise au point d’un programme de développement par les habitants, qui ont, eux-mêmes, créé une association.

Irrigation, minibus…
Ainsi, en 2006, un réseau d’irrigation des champs a été installé, à partir d’une source souterraine, pour permettre une plus grande productivité des cultures et, en 2007, un minibus a été offert afin d’assurer le transport des adolescents vers le collège de la région situé à 40 kilomètres, et lutter de la sorte contre l’absentéisme scolaire. Il est prévu en 2008 d’aider les villageois à acquérir des brebis et de favoriser l’irrigation dans un village voisin. Deux nouvelles actions, qui ne seront d’ailleurs pas les seules à être menées.

L’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre a ainsi décidé de reconduire une aide pour les enfants algériens atteints de mucoviscidose. Tout a commencé par sa mise en relation avec une famille, concernée par la maladie, de la région de Tipaza, à l’Ouest d’Alger. Le coût des médicaments a déjà pu être pris en charge pour plusieurs enfants en 2007.

Dans un autre domaine, un centre culturel de la banlieue d’Alger devrait être gracieusement équipé d’un matériel d’animation. Mais l’association souhaite que son message en faveur de la non-violence soit le plus large possible. Elle s’engage donc à soutenir aussi des actions en Palestine, comme la création d’un jardin d’enfants à Hébron.

« Notre retraite de combattant, expliquent aujourd’hui les fondateurs comme les nouveaux adhérents de l’association, c’est le prix du sang qui a coulé en Algérie entre 1954 et 1962. À l’époque, nous avions 20 ans et étions plutôt insouciants. Nous avons compris la gravité des atrocités seulement ensuite. Par notre aide, nous manifestons désormais notre solidarité avec le peuple algérien. »

Antoine FOUCHET, à Lorient (Morbihan)

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