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17 octobre 61, disparition de Maurice Audin : allons-nous enfin savoir la vérité ?

jeudi 22 février 2018, par Michel Berthelemy

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Révélations nouvelles sur le 17 octobre 1961…

« Ce qui m’agace, c’est d’entendre parler des mémoires. Il n’y a pas des mémoires de la guerre d’Algérie. Il y a celle des Algériens, c’est tout. Ce sont eux qui portent la mémoire du combat pour leur indépendance, personne d’autre ». Cette réflexion de Mohand Zeggagh *, au vu du contexte dans lequel elle a été prononcée, est intéressante. C’était le 14 février, au cours d’un débat organisé à Paris autour du livre choc de Marie-Odile Terrenoire sur les raisons du massacre du 17 octobre 1961 à Paris **. Au côté de François Géze et Gilles Manceron, la fille de Louis Terrenoire, alors secrétaire d’Etat à l’Intérieur dans le cabinet de Michel Debré, a expliqué comment, en retrouvant les carnets intimes de son père, elle a peu à peu découvert la vérité sur ces sinistres journées d’octobre. Louis Terrenoire consignait tout des séances de travail auxquelles il participait, tant en Conseil des ministres qu’en tête-à-tête avec le Général de Gaulle. En feuilletant ces centaines de manuscrits et en les analysant avec Gilles Manceron, est apparue évidente la responsabilité du Premier ministre Michel Debré dans la politique menée envers les Algériens de France, et dans la répression sanglante du 17 octobre. Aux historiens de s’emparer de ces révélations pour le moins retentissantes, pour enfin tenter de reconstituer l’enchaînement des faits qui ont débouché sur cette tragédie.

…et sur la disparition de Maurice Audin 

Un travail similaire d’élucidation est proposé aux historiens avec la disparition de Maurice Audin, arrêté et torturé par l’armée française en juin 1957 à Alger. Selon des informations récentes, et après les « confidences » du député Cédric Villani rapportant une conversation avec le Chef de l’Etat, l’armée française serait entièrement responsable de la mort de Maurice Audin. Semblant confirmer cette hypothèse, le quotidien « L’Humanité » publie une interview d’un appelé du contingent déclarant que c’est lui qui a enterré le corps du jeune mathématicien. La présomption d’une responsabilité de l’armée courait depuis longtemps déjà, mais cet « aveu » pourrait être la pièce essentielle qui manquait au dossier.

17 octobre, Maurice Audin : la vérité historique vient-elle de franchir un double pas décisif ? Tout semble désormais l’indiquer.

* Mohand Zeggagh - Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie. 1954-1962. Avec une préface de Mohammed Harbi. Publisud, 2018

** Marie-Odile Terrenoire - Voyage intime au milieu des mémoires à vif. Le 17 octobre 1961. A paraître, 2018

Concernant Maurice Audin, voir également l’article du site « histoire coloniale » :
http://histoirecoloniale.net/Nouvelles-informations-et-demandes-sur-l-affaire-Audin

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