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Reggane, 45 ans plus tard

Un Tchernobyl au Sahara ?

samedi 1er août 2009, par François Nutchey

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Sous le titre “A Reggane, la vie s’est arrêtée le 13 février 1960”, Courrier International publie la traduction d’un article du quotidien arabe ASHARQ-AL-AWSAT, révélateur sur le comportement de la France, lors des esssais nucléaires à Reggane.

Un témoignage

Le cheikh El-Haj Abdallah qui avait 20 ans à l’époque, explique qu’il a dû travailler avec son père au chantier. Il étaient 6500 français et 3500 algériens. Mal payés, nous travaillions 15 heures par jour à construire la route qui relie Reggane à la base.

Le 12 février, on nous avertit que l’explosion aurait lieu le lendemain. ”Fermez les yeux. Ne regardez pas le ciel et dites le à vos voisins.”
L’explosion fut terrible, 4 fois Hiroshima. Personne ne s’attendait à une telle violence. La terre tremblait. Des nuages noirs avaient remplis le ciel. Des maisons ont été endommagées.

Quelques mois plus tard, le CEA définira une zone contaminée de 150km.

Un drame sanitaire

Aujourd’hui, les services de santé font état d’une multitude de cancers. De nombreuses personnes ont perdu la vue ou ont été atteintes de glaucomes. A l’hôpital de Reggane, ce sont, aujourd’hui, 3500 consultations par an contre 300 dans les années 80/90. Le nombre de malades mentaux est effrayant parce que leur père serait devenu fou à la suite du choc.

C’était une oasis prospère

Reggane n’était pas un désert comme l’affirmait l’armée française mais une oasis peuplée de 20 000 habitants. Dans les années 1970, 3 avions décollaient par jour pour livrer en Europe des tomates, des dattes. Puis, peu à peu, les récoltes se sont amenuisées, de nombreuses espèces ont disparu, le cheptel a été victime de maladies bizarres et, aujourd’hui, le site n’est même plus autosuffisant.
Comme pour la santé des habitants, les effets de l’explosion sur l’environnement se sont fait sentir 30 ans plus tard.

Un ingénieur chimiste algérien estime que la France ne règle pas les comptes en indemnisant ceux qui ont vécu l’explosion. Les véritables victimes sont les générations futures et il lui faudrait reconnaître ce crime énorme.
Même si l’on peut soupçonner une certaine complaisance du quotidien pour ses compatriotes algériens, ce témoignage est cohérent avec ceux de l’AVEN et l’aggrave de manière dramatique.

On peut consulter l’article complet dans le no 971 du 11 au 17 juin du Courrier International.

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