Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Pour rendre hommage à René Vautier

mardi 1er mai 2012, par Hubert Rouaud

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Cinq jours de projection ont été organisés par le Maghreb des films

19 films projetés en avril à Paris pour rendre hommage à René Vautier.

L’hommage rendu à la mi-avril par le Maghreb des films à René Vautier a permis de voir 19 films, la plupart de René Vautier et quelques uns de ses amis réalisateurs algériens et français.
Un réalisateur dont l’arme anticoloniale a toujours été une caméra.

Nous étions quelques membres de 4acg (trop peu !) à assister à l’hommage rendu à René Vautier, à Paris, au cinéma 3 Luxembourg.

Nous connaissions ses films les plus célèbres, Afrique 50 et Avoir 20 ans dans les Aurès qui ont été présentés durant cet hommage.

Vautier 3
En revanche cette manifestation a été l’occasion pour plusieurs d’entre nous de découvrir des films moins connus mais tout aussi importants durant une carrière ponctuée de nombreuses réalisations, environ 45 entre 1950 et 1998. En particulier :

Algérie en flammes, tourné dans les maquis de l’ALN, valut à René une forte émotion, puisque muni de sa seule caméra il fut touché par balles lors d’un accrochage qui pulvérisa son objectif et lui laissa quelques souvenirs métalliques dans le corps… Mais comme il avait fait ce film avec l’aide d’un dirigeant tombé en disgrâce, de retour en Tunisie il connut les geôles du FLN durant 25 mois et fut même brutalisé ( Voir Vidéo). Libéré, il fut ensuite honoré par le nouvel état algérien qui lui confia la mission de former les nouveaux réalisateurs algériens.

A propos de l’autre détail est un film accablant sur Jean-Marie Le Pen et sa pratique de la torture en Algérie. On y voit aussi des témoignages P.Vidal-Naquet, Paul Teitgen et Jacques de Bollardière dénonçant cette dérive.( Voir lien dans P.S.2°)

Un peuple en marche est un film « lyrique » sur les premiers jours de l’indépendance. Il montre la libération du colonialisme, et les espoirs suscités dans cette Algérie nouvelle. Cette réalisation dirigée par René Vautier a été confiée à de jeunes réalisateurs qui sont devenus de grands professionnels.

Techniquement si simple donne la parole à un français qui posait des mines en toute sérénité, sans se soucier des conséquences…et qui, une fois la guerre terminée retourne sur les lieux de ses « exploits » en s’étonnant que les victimes puissent lui en vouloir !

Vous avez dit français est une réflexion - toujours d’actualité - sur les vagues d’immigration en France et sur leur intégration. Un film de 1987 qui aurait pu être tourné aujourd’hui.

René avait en outre demandé que l’on présente des films de réalisateurs amis, comme Tours et détours(que nous avions vu à l’AG du Touquet), ou « d’anciens élèves ».

Je n’ai pas assisté à toutes les projections. Mais les films que j’ai vus me confirment que notre ami René, outre son courage et sa ténacité, a su rester fidèle, durant toute sa carrière, aux idéaux qui l’animaient lorsqu’il était résistant ou solidaire des opprimés sur le terrain. Il a été un véritable visionnaire de l’émancipation des peuples victimes du colonialisme et l’un des premiers à transcrire cette évolution sur pellicule.

Nous pouvons être fiers de l’avoir constamment soutenu lorsqu’il partageait, avec notre ami Mehdi, des péripéties judiciaires à l’encontre d’une ancienne OAS.

Nous pouvons aussi souhaiter conserver à 88 ans la clairvoyance et la combativité qui l’animent toujours, en regrettant qu’un accident de santé ne lui ait pas permis d’être présent à Paris, car c’est toujours un plaisir de l’entendre raconter ses souvenirs en commentant ses réalisations…

H.R.


1° La quasi totalité des films de René Vautier encore existants (certains ont été détruits par des
individus peu charitables !) sont disponibles à la Cinémathèque de Bretagne.
renseignements cinematheque-bretagne.fr.

Dernière minute Le jeune algérien, Mohamed Moulay, qui avait découvert le couteau des jeunesses hitlèriennes du tortionnaire Jean-Marie Le Pen sur le lieu de ses exactions, et dont il est question dans le film L’autre détail vient de mourir le 28 avril et Florence Beaugé lui consacre un très bel article dans Le Monde. Il est ici :

Mohamed Moulay, l’homme au poignard de Le Pen, est mort

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