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Le Youyou, poème de Djamil Hadj Mohamed

dimanche 19 juillet 2015, par Anne Doussin

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Le Youyou

You you you
Je suis belle à conquérir dans mon paradis
Vous avez tous piétiné mes charmes
Les sabots des chevaux ont dansé sur moi
Mais ta poudre, tes fers, ta haine en ont eu raison, sans interdits

Qu’est-ce un coup d’éventail, le geste d’un prétexte maudit
Tu m’as envahi de toutes parts
Par avidité, par cupidité, par vengeance
Que vaut un Dey fut-il celui d’Alger
You You You

You you you
Oui j’ai lancé à ta face ce cri
Pour ébranler ta foi, il ne s’agissait plus d’une croisade
Tu as profité de la richesse de mes entrailles
En me laissant juste ce qu’il faut pour survivre

Pour laver ta conscience il fallait civiliser l’abêtie
Me franciser d’abord puis m’affubler d’ancêtres
Qui n’ont jamais quitté leurs rivages
Et qui n’ont pas voulu connaître ma civilisation née de l’Islam
You you you

You you you
Tantôt je pleure de ma servitude tantôt je ris
De ta sollicitude, de tes égards positifs à mon endroit
Fière et sauvage, tu me le rappelais, il fallait me domestiquer
Chez moi et tu as pris de l’opulence jusqu’à la cécité de l’âme

Servante, courtisane, gueuse, dépourvue, salie
Je ne me reconnaissais plus, est-ce moi DJEZAIR la belle
Celle que l’on redoutait, celle que l’on admirait
Qu’Allah me maudisse si j’acceptais ce sort d’esclave
You you you

You you you
Des hommes que l’histoire donne avec parcimonie
Ont clamé haut et fort : Allah est grand ! Certains étaient des enfants
L’heure a sonné, tu as pris peur et tu réagis comme le désespéré
Avec plus de haine que tes parents face à une conviction

On aurait pu vivre en partageant, tu n’en as eu point envie
Tu as tué, égorgé, torturé, violé, exterminé, puis menti
Aux nations sur mes fils : ils ne s‘agit que de rebelles et de brigands,
L’abnégation des combattants de la Liberté a triomphé
You you you

You you you Je renais un 5 juillet 1962

Djamil - Extrait de « Mes éclats hégiriens »

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