Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Ils ont ramené un peu d’Algérie

mardi 29 novembre 2016, par 4ACG

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Gilbert Cron et Roger Guionnet ont le même souvenir ambigu du conflit algérien qu’Emmanuel Audrain tente de retranscrire dans son documentaire.


Du 28 novembre au 8 décembre, “ Retour en Algérie ” sera projeté dans une dizaine de salles. La plaie est sourde chez les anciens combattants.

Je n’ai rien vu. J’étais un planqué. Je ne faisais pas partie d’une unité combattante et je n’ai pas eu l’occasion de combattre. Il y avait sans doute du danger mais je n’étais pas en première ligne. Gilbert Cron ne tient pas forcément un discours consensuel parmi les anciens combattant d’Algérie.

Il a pourtant passé 14 mois dans l’Oranais entre 1961 et 1962, alors que les affrontements entre l’OAS et l’armée montaient en puissance. Mais le Chapelais minimise son rôle dans ce conflit. Il parle plutôt d’autres qui, eux, ont combattu et vu les horreurs d’une guerre qui a longtemps nié ce terme.
Roger Guionnet non plus « n’a pas vu la guerre ». Le Cerizéen a quant à lui passé six mois au Maroc en 1955. « J’ai fait partie des premiers contingents de maintenus (NDLR : appelés dont le service a été prolongé). Je suis resté à l’arrière. »

Pourtant, ce n’est sûrement pas un hasard si tous deux adhèrent aujourd’hui à l’association des anciens appelés et amis contre la guerre (4ACG). On ne peut pas avoir participé à cette guerre sans en garder un lien ambigu avec l’Afrique du Nord.

Retraite pesante

« On nous a servi un baratin autour de la défense de la civilisation », se souvient Roger. « On avait appris au catéchisme que les catholiques étaient les bons, les protestants des hérétiques et les musulmans des infidèles. »
« J’aurais dû refuser de faire cette guerre », regrette Gilbert, comme si la désertion avait été un choix facile. « J’applaudis aux gestes de repentance de l’État français. On devrait aller plus loin. Mais je ne condamne pas ceux qui n’ont pas le même point de vue. Cela peut justifier ce qu’ils ont fait. Je suis pour le devoir de mémoire à condition qu’il inclue le colonialisme, les humiliations. »
Gilbert est un ancien combattant malgré lui. « Je n’ai pas adhéré aux anciens combattants en revenant d’Algérie. Je ne me voyais pas bomber le torse pour une médaille, aller aux banquets. Je ne voulais plus en entendre parler. Quand il a fallu faire les démarches pour la retraite du combattant, j’ai hésité. Mais quand je l’ai eue, je me suis demandé quoi faire de cet argent (environ 600 €/an). »
En contact avec un Malien, Gilbert décide de lui confier cet argent pour aider autour de lui. Une démarche qui rejoint comme par hasard celle de la 4ACG à laquelle il va adhérer plus tard. Ses adhérents peuvent reverser leur retraite au profit d’actions humanitaires en Algérie ou en Palestine. « J’ai été frappé en arrivant là-bas de voir les enfants faire les poubelles », se souvient Roger qui adhère à la 4ACG. « Quand j’ai adhéré à la Fnaca, j’ai expliqué être aussi adhérent de la 4ACG. On m’a répondu : ça te regarde. On ne parle pas des choses qui fâchent. »

Pratique

« Retour en Algérie » : mercredi 30 novembre à 20 h 30 au Fauteuil Rouge à Bressuire, jeudi 8 décembre à 20 h 30 au 7e art à Cerizay.

Renseignements : http://www.retourenalgerie-lefilm.com/

Dominique Guinefoleau

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Cinema/n/Contenus/Articles/2016/11/29/Ils-ont-ramene-un-peu-d-Algerie-2919285

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