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Guerre d’Algérie : des lycéens mènent le débat au lycée St Sébastien de Landerneau

mardi 22 mai 2018, par Anne Doussin , Jean Miossec

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Après avoir étudié la guerre d’Algérie en cours d’histoire, les jeunes de Terminale du lycée St Sébastien ont voulu compléter leur information par des témoignages. Nous étions quatre invités ce vendredi 18 mai à Landerneau : Ahmed Ben Abdallah, militant FLN en France pendant la guerre d’Algérie, Nelly Prunck, pied-noire, dont le grand père alsacien avait débarqué en Algérie après la guerre de 1870, Tramor Quéméneur, historien de la guerre d’Algérie, avec qui les jeunes avaient déjà correspondu par internet, Jean Miossec, ancien appelé en Algérie, membre de la 4acg.

Originalité de cette conférence-débat : elle était animée par les élèves eux-mêmes. Trois d’entre eux ont d’abord rappelé les grandes dates de la guerre d’Algérie. Puis deux autres nous ont posé les questions que les 80 participants avaient préparées avant la rencontre.

Voici les questions adressées à Ahmed Ben Abdallah  :
• Vous avez vécu en Algérie avant la guerre. Pouvez-vous nous décrire la société algérienne à cette époque ? Quelles sont, selon vous, les raisons qui peuvent expliquer cette guerre ?
• Pouvez-vous nous dire ce qui vous a poussé à vous engager au sein du FLN en France et nous préciser les types d’actions que vous avez menées ?
• Après la victoire du FLN, quel a été votre parcours ? Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette guerre ?

Voici celles qui ont été posées à Nelly Prunck :
• Vous êtes née en Algérie en 1941, quel souvenir gardez-vous de l’Algérie d’avant-guerre ?
• Quelle était votre position ou celle de votre famille vis-à-vis de la cause algérienne ? Autrement dit : étiez-vous plutôt pro-indépendantiste ou Algérie française ?
• Quelles ont été pour vous et votre famille les conséquences de la déclaration d’indépendance de l’Algérie ? Quel sentiment majeur persiste en vous vis-à-vis de ce conflit ? Vous êtes-vous sentie trahie puis abandonnée par l’État français ?

Tramor Quéméneur a ainsi été interpellé :
• En tant que spécialiste de la guerre d’Algérie, quels éléments complémentaires pouvez-vous apporter pour mieux comprendre le contexte de l’époque et ce qui a provoqué le déchaînement de violence ?
• Nous avons compris que la question de l’indépendance algérienne provoquait des divisions en Algérie. Était-ce également le cas en France métropolitaine ?
• Quelles ont été les implications de l’indépendance de l’Algérie pour les harkis et leurs familles ? Quelle mémoire la communauté de harkis conserve-t-elle de cette guerre ?
• Cette guerre et surtout la violence qu’elle a engendrée a laissé de lourdes séquelles parmi ses acteurs et aujourd’hui encore on parle de mémoires déchirées et concurrentielles. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Jean Miossec a eu droit aux questions suivantes :
• Vous avez été appelé en Algérie en 1956. Dans quel état d’esprit étiez-vous en arrivant sur le sol algérien et que saviez-vous des opérations menées par l’armée française ? Celle-ci a également recruté des supplétifs algériens, notamment des harkis. Savez-vous ce qui a poussé des Algériens à s’engager du côté français ?
• L’État français a longtemps occulté cette guerre qui n’a été officiellement reconnue qu’en 1999. A votre retour en France, avez-vous eu le sentiment que ce conflit était un tabou ? Pourquoi ?
• En tant que membre de la 4 ACG , vous avez recueilli de nombreux témoignages d’appelés, de combattants du FLN, de harkis et de pieds-noirs. Pensez-vous qu’il soit possible de réconcilier ces mémoires ? Comment ?

Ces questions montrent bien que la guerre d’Algérie n’était pas seulement un chapitre de leur cours d’histoire, mais qu’ils se sentaient concernés.
D’ailleurs un tiers d’entre eux connaissaient un membre de la famille ou un ami qui avaient fait cette guerre. En conclusion, je n’ai pas manqué de leur souligner qu’eux aussi pouvaient contribuer à la réconciliation des mémoires en se jumelant avec un lycée d’Algérie.

Jean Miossec

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