Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Fils de moudjahidines, juif pied-noir et anciens appelés face aux lycéens de Gisors

lundi 19 mai 2014, par Michel Berthelemy

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Quatre classes de terminale et leurs professeurs nous attendaient le 17 mars à Gisors, en Normandie, pour une journée d’échanges sur la guerre d’Algérie. Nous étions trois anciens appelés, accompagnés de Brahim Senouci, fils et petit-fils de moudjahidines, Abdelati Laoufi, également fils d’un combattant de l’ALN, et Pierre Aïoutz, Juif Pied-Noir.

Brahim Senouci est aujourd’hui enseignant à la faculté de Cergy. Répondant à une question sur son père, il évoque sa disparition dans le maquis en 1958. Des lycéens abordent la question de la torture. En tant qu’anciens appelés, nous témoignons de ce que nous avons vu et entendu. Brahim prend la parole et raconte comment son grand-père et son frère ont été traînés à terre par une jeep, avant d’être enterrés devant la porte de leur maison. « Vous ne pouviez pas dire non aux ordres de votre hiérarchie ? » nous demande une lycéenne. Troublante question : ce qui nous paraissait impossible à l’époque le semble moins aujourd’hui… Le constat est là : nous avons accepté. Le dialogue se poursuit sur la soumission et sur l’obéissance passive.
L’occasion de rappeler la formidable actualité du Discours de la servitude volontaire de Etienne de la Boétie, qui dit en substance que ce sont les sujets qui font les rois, et les esclaves qui font les tyrans.

« Comment la population algérienne vivait-elle la guerre dans les campagnes ? » demande un élève. Abdelati est né en 1954 à Béchar. Il a des souvenirs de peur, d’angoisse devant l’inquiétude de ses parents. Tout comme Pierre Aïoutz, juif pied-noir, qui vivait près de Sidi-Bel-Abbès où il est né en 1947. Favorable à l’indépendance de l’Algérie, il a cependant eu du mal à quitter son pays en 1960.

Stanislas Hutin pose alors la question aux lycéens : « combien parmi vous ont des parents ayant participé à la guerre d’Algérie ? » Une vingtaine de mains se lèvent.
Question suivante : « combien d’entre eux en ont parlé ? »
Réponse : quatre. Ce qui prouve une fois de plus que le silence consécutif à cette sale guerre continue de peser sur tous ceux qui l’ont vécue..

Quelques semaines après cette rencontre, les professeurs nous ont transmis quelques réactions de leurs lycéens.

Extraits :}}}

« Un grand merci pour votre présence. Vous nous avez donné beaucoup d’informations concernant cette guerre. Les différents témoignages étaient très touchants, avec beaucoup de sincérité. Continuez d’informer et de témoigner. » Manon F., TES1

« Merci pour votre intervention. Cela nous a permis d’en apprendre beaucoup plus sur l’Histoire à partir de vos mémoires. En espérant que vous continuerez à faire ces interventions pour d’autres élèves. » Simon M. et Guillaume V.

« Une présence captivante, un témoignage émouvant et instructif, plein d’anecdotes personnelles. De nombreux aspects méconnus du grand public ont été évoqués. Ces rencontres sont vraiment indispensables pour la transmission de la mémoire. Poursuivez-les, c’est important pour les générations futures. »
Eloïse D.

« Plus qu’une conférence, cette intervention a été un réel message de paix. La façon dont vous avez témoigné, et votre sagesse, m’ont donné espoir en l’humanité. Merci beaucoup. » Fanny N.

« Vos témoignages nous ont beaucoup touché et nous ont permis de réfléchir sur notre comportement dans la vie de tous les jours. Continuez, c’est important pour tout le monde. » Coralie N. et Alex P.

Michel Berthelemy

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