Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Des Collégiens très attentifs aux témoignages de la 4ACG à Montaigu (85)

mercredi 1er juin 2016, par Bernard Pointecouteau , Elie Charrier

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Un moment d’exception vécu par notre équipe de la 4ACG ( Marie-Jo, Bernard, Gilles, Pierre, Elie ), auxquels sont venus se joindre deux autres témoins : Michel, pied-noir âgé de 12 ans en 1961 lorsqu’il quitte l’Algérie – Jean-Marie, dont le frère aîné connaîtra une fin tragique quelques mois après son retour d’Algérie.

Oui, vraiment d’exception, par l’attention soutenue et empreinte d’émotion de cette soixantaine d’élèves de troisième et de leurs encadrants, tout au long du film d’Emmanuel et des témoignages qui ont suivi.

Séance très bien préparée par un groupe d’enseignants histoire / géo de ce collège privé de Montaigu, intéressés par le vécu des uns et des autres de cette période tourmentée du conflit algérien.

Le film Retour en Algérie : un support pédagogique étonnant pour ces jeunes élèves qui ne s’attendaient pas à ce choc des témoignages, et même pour les enseignants, dont certains ne connaissent pas le Gal de Bollardiére et son comportement exemplaire d’opposant à la torture.
Une question des élèves à la fin du film : qu’est devenu Boutou ? Bernard répond en précisant que Stanislas l’a retrouvé et rencontré lors de l’un de ses voyages en Algérie.

Ensuite, sur sollicitation de François-Xavier, l’enseignant animateur de cette rencontre, chacun des intervenants témoigne de son parcours.

Michel  : impressionné par le film d’Emmanuel. Enfant pied-noir durant la guerre d’Algérie, n’en a pas connu les tourments, avant son retour en France avec son père. A fait un voyage à Alger, sur les lieux et l’habitat de son enfance. Beaucoup d’émotion de sa part, par la compréhension aujourd’hui de ce qui s’est vraiment déroulé hier.

Elie et Pierre – 4ACG  : leur parcours d’ados, de jeunes au travail, l’un en milieu urbain et industriel (Paris), l’autre en milieu agricole. Jeunes appelés, ignorant ce qui se passe là-bas, conditionnés, comme quasiment tous les copains, pour des missions de « pacification et maintien de l’ordre » dont la réalité sur le terrain s’avérera très loin de ces définitions. N’ont pas été témoins de la torture, mais des conditions désastreuses infligées aux populations algériennes, notamment en milieu rural. Vrai également pour les Algériens de France, casés dans des bidonvilles. Information aux élèves sur les supplétifs qu’étaient les harkis.

Gilles – 4ACG  : il témoigne dans le film. Relate ses premiers jours en Algérie, au contact avec un prisonnier torturé. Et son parcours d’appelé dans une unité fonctionnant dans un système terriblement répressif, qu’il ne pouvait pas imaginer en arrivant là-bas. Moment fort , que les élèves traduiront par écrit après la séance.
Jean-Marie : devant les élèves médusés, il témoigne de l’angoissant silence de son frère à son retour d’Algérie, jusqu’à son suicide quelques mois après, silence qui va perdurer au sein de la famille. Longtemps après, la rencontre avec Bernard et Gilles va être le déclencheur pour que le cercle familial rompe ce silence.

Marie-Jo – 4ACG : elle est forte et émue, Marie-Jo pour parler aux jeunes de son mari décédé. Ne lui ayant jamais évoqué son parcours en Algérie, il lui dit, avant de mourir, avoir vécu des choses terribles là-bas, mais sans plus de précisions…..

Bernard – 4ACG : témoigne de son parcours civil et militaire et sa période d’Algérie. Du voyage que nous avons fait ensemble en 2013, de ce qu’est la 4ACG, ses objectifs, les valeurs qu’elle défend, les actions qu’elle soutient en Algérie, en Palestine et ailleurs. L’importance aussi pour les anciens que nous sommes de témoigner de ce vécu auprès des jeunes générations et les sensibiliser sur l’inutilité de la guerre.

Un des enseignants demande quels sont les élèves dont le grand- père ou grand-oncle a été appelé en Algérie : près des 2/3 se manifestent. Par contre aucun n’a eu d’échange avec son aïeul sur son vécu durant cette période.

En conclusion, nous disons à ces jeunes : « nous voulons témoigner pour la paix, lutter contre l’ignorance savamment entretenue depuis un demi-siècle par les responsables politiques de part et d’autre de la Méditerranée. Apprenez à vivre ensemble, avec les jeunes d’autres pays – les jeunes Algériens que nous avons rencontrés en 2013 n’aspirent qu’à çà ! Vivre des relations de fraternité et de solidarité, c’est un vrai challenge que vous, les jeunes, pouvez réussir. Car, cette société de demain, c’est vous qui allez la construire ; pour nous les anciens, c’est fini ! »

Après la séance, nous nous retrouvons dans la salle des profs, avec le directeur du collège, pendant que des enseignants se retrouvent avec le groupe d’élèves, le temps que chacun écrive quelques mots sur ce qu’il vient de voir et entendre : des petits textes chargés d’émotion et de remerciements que les enseignants viennent nous lire. Moment émouvant, convivial, autour du verre de l’amitié ; moment encourageant pour poursuivre ces actions de témoignage auprès des jeunes.

Ce fut un très bel après-midi dans ce collège de Montaigu.

Elie, Bernard.

A l’issue de l’intervention, voici quelques extraits des 45 expressions des élèves.

- Maintenant je sais ce qu’a vécu mon grand-père qui n’a pas eu le temps de me le dire.

- Témoignage très touchant ! Bravo pour le fait d’avoir eu le courage par rapport à votre histoire. J’ai beaucoup apprécié et cela m’a beaucoup touché tout ce que vous avez raconté.

- Cette intervention m’a beaucoup émue, je comprends mieux pourquoi mon grand-père ne m’en a jamais parlé.

- Merci à vous pour vos témoignages. C’était très émouvant. J’aimerais bien que mes papis me parlent aussi de leur vécu.

- Conférence instructive, émotionnelle, les témoignages étaient poignants .

- Enrichissant, intéressant, émouvant. Cela nous éclaire sur la Guerre d’Algérie.

- J’ai trouvé que cette conférence était émouvante, elle m’a appris ce qui s’est réellement passé là-bas et que mon papi a peut-être fait la même et c’est peut-être pour ça qu’il a gardé le silence mais maintenant il ne pourra rien me dire.

- C’était un témoignage très émouvant. J’ai souvent eu les larmes aux yeux. Il a commencé à me faire réfléchir et va sûrement continuer. Je ne sais pas si mes grand-parents ont fait la guerre d’Algérie car je n’ai jamais eu à poser la question mais dès ce soir je vais demander à mes parent. J’aimerais mieux étudier et connaître ce sujet car c’est vraiment très intéressant. Je vous remercie beaucoup pour ce témoignage, d’avoir partagé votre vécu. Merci, merci !

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