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Témoignages au lycée Jules Marey de Boulogne-Billancourt, le 2 mai 2024

jeudi 9 mai 2024, par Christian Travers

par Christian Travers

C’est à l’invitation du proviseur, Monsieur Benamar Benzemra qui est aussi Conseiller défense, mémoire et citoyenneté pour le département des Hauts de Seine, que nous sommes venus témoigner dans cet établissement de 750 élèves, très impliqué dans les mémoires de la guerre d’Algérie.

Nous, c’était Rahim Rézigat ancien membre du FLN en France, emprisonné au Larzac puis dans le camp de Thol et enfin insoumis lorsqu’il fut appelé à faire son service militaire. C’était aussi Messaoud Guerfi ancien Harki, qui après que son père et 6 autres membres de sa famille ont été assassinés par l’ALN, a pu, pour rester près de sa mère en Algérie, et nourrir ses frères et sœurs s’engager auprès de l’armée française. C’était également Jacqueline-Messaouda Gozland, juive de Constantine qui quitta l’Algérie en 1962 après que son père eût sauté sur une bombe. Je représentais les anciens appelés en Algérie.

Nous avions devant nous plus de 100 élèves représentant 4 ou 5 classes de terminale dont une classe spéciale répondant à la terminologie officielle suivante : UPE2A (Unité Pédagogique pour les Élèves Allophones Arrivants).

Ce n’était pas la première fois que nous venions dans ce lycée. Nous avions déjà été invités à poser devant des élèves qui poursuivaient un cursus d’apprentissage de la photographie et surtout nous avions du, à l’occasion d’une visite précédente, apporter chacun un objet représentatif de notre passage en Algérie pendant la période de la guerre.

Deux séquences étaient prévues, une le matin, l’autre l’après-midi :

La première consistait, comme à l’accoutumée, à présenter chacun, sans interruption, en 10 à 15 minutes, son expérience en rapport avec la guerre d’Algérie puis dans une seconde partie à donner la parole aux élèves pour une séance de questions /réponses.

Les intervenants, souvent trop bavards, n’ont hélas donné que peu de temps aux élèves pour poser leurs questions.

J’ai pu cependant relever celles-ci :
• Êtes-vous devenu harki pour venger votre famille massacrée ou en raison de vos convictions favorables à la France ?
• Quand vous étiez jeune vous avez choisi de rejoindre le Front de Libération Nationale qui était aussi implanté en France. Après la guerre et la libération de l’Algérie pourquoi n’avez-vous pas rejoint l’Algérie ?
• Qu’est-ce qui a conduit les Algériens à provoquer une guerre contre les Français ? Aurait-on pu l’éviter ?
• Quelle est l’origine et la signification du mot harki ?
• Après qu’il a été tué, avez-vous pu récupérer le corps de votre père ?
• Les harkis jouissent souvent d’une mauvaise réputation. Peut-on dire que certains se sont bien comportés et d’autres pas ?
• Avez-vous connu Ali la pointe ?

Pour la seconde séance, les élèves étaient répartis en 4 groupes qui entouraient chacun des 4 intervenants et ceux-ci étaient soumis à un questionnaire préparé au préalable à partir des objets qu’ils avaient apportés précédemment et qui avaient été photographiés.

J’avais pour ma part apporté sur la base d’un courrier que j’avais adressé à mes parents, et qu’ils avaient conservé, un plan assez détaillé du camp de regroupement où j’avais exercé une fonction d’instituteur. Ce fut donc pour moi une occasion d’évoquer assez longuement en quoi consistaient ces camps de regroupement dits aussi d’auto-défense ou encore d’internement… J’ai pu aussi parler de la vie d’instituteur au sein d’une SAS qui regroupait aussi un médecin et un infirmier et également les quelques contacts que j’avais pu initier avec la population du camp.

La vie là-bas, pour un ancien appelé c’est ce qui intéressait principalement le proviseur et aussi le professeur responsable Monsieur Ritter, car l’établissement entend participer au concours organisé par l’A2CGA (Association du Concours National sur l’histoire de la Colonisation et de la Guerre d’Algérie) (1) qui a pour thème « la vie quotidienne en Algérie : 1830-1962 »

Christian Travers

(1) On peut lire à ce sujet l’article publié le 13 avril 2024 sur le site :

https://www.4acg.org/La-remise-des-prix-du-concours-national-sur-l-histoire-de-la-colonisation-et-de

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