Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Neuf associations, dont l’AAAACG, s’adressent au président de la République…

Un monument détourné de sa destination première, l’État ne doit pas satisfaire les héritiers d’organisations terroristes

vendredi 30 avril 2010, par 4ACG

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Mis à jour le 9 mai

" Par lettre ouverte dont la teneur est reproduite ci-après, neuf associations - dont l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre - viennent d’appeler l’attention du Président de la République sur une récente décision mise en œuvre par les services du secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants.

Consistant à faire apparaître, sur le Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie (quai Branly à Paris-7e), les noms de victimes civiles d’événements survenus à Alger le 26 mars 1962, la mesure a eu pour effet de porter atteinte à la destination du monument.

Des arbitrages pourraient être nécessaires à la remise du Mémorial en son état d’origine. C’est pourquoi les associations requérantes souhaitent que le chef de l’État prenne personnellement position sur ce sujet, lié à la politique mémorielle de la France et comportant de multiples implications, qu’il s’agisse notamment des relations entre la France et l’Algérie ou de la préparation du grand rendez-vous du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie. ".


le 28 avril 2010

LETTRE OUVERTE

À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Guerre d’Algérie - Politique mémorielle - Désunion nationale et discordes bilatérales

Dans le domaine de la mémoire liée à la guerre d’Algérie, la démarche du gouvernement est devenue de plus en plus ostensiblement discriminatoire. Les conséquences négatives n’ont pas tardé : le 19 mars dernier, les organisations extrémistes qui inspirent cette politique se sont opposées frontalement au déroulement des commémorations du cessez-le-feu et provoqué, localement, des incidents et troubles à l’ordre public.

De façon brutale, en l’absence de toute concertation préalable avec les associations d’anciens combattants concernées, et sans la moindre considération à l’égard des porteurs d’autres mémoires, le secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants a annoncé, en décembre 2009, qu’hommage serait officiellement rendu aux participants à une manifestation interdite, initiée par l’OAS, le 26 mars 1962 à Alger.

Ainsi la colonne centrale du Mémorial national des Morts pour la France en AFN, quai Branly à Paris, a-t-elle été mise à la disposition d’associations d’anciens activistes et sympathisants de l’OAS pour y faire défiler les noms des victimes de la fusillade ayant tragiquement conclu cette manifestation, rue d’Isly.

Pourtant, le souvenir en est déjà rappelé dans la capitale avec le monument dit de la butte du Chapeau rouge, dans le XIXe arrondissement de Paris, inauguré par M. Jacques Chirac le 11 novembre 1996 ; leurs noms sont même gravés sur des plaques individuelles auprès de la statue de Notre Dame d’Afrique érigée sur un promontoire à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Au respect dû à toutes les victimes de la guerre d’indépendance de l’Algérie, l’État a préféré la mise à l’honneur de celles et ceux qui ont obéi à une organisation terroriste dont l’objectif consistait à faire obstacle, par les armes, à l’application des accords d’Évian, majoritairement approuvés par les Français.

L’inscription sur le Mémorial national, désormais effective, a soulevé l’indignation du monde rapatrié comme du monde combattant : le premier y a vu le risque d’une identification du peuple pied-noir à des partisans de l’OAS ; le second y a vu une tentative d’assimilation des morts de la rue d’Isly aux Morts pour la France, tombés sous les coups notamment de l’OAS, de l’officier supérieur de corps d’armée à l’appelé du contingent et au membre des forces de l’ordre.

Bienveillant à l’égard des anciens séditieux, l’État s’est par contre montré hostile à toute marque, où que ce soit, quai Branly ou ailleurs, du sacrifice des victimes de l’OAS en Algérie et en France, civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République.

Moyennant le soutien renforcé des pouvoirs publics, les associations extrémistes peuvent dès lors se déchaîner, en falsifiant l’histoire, en conspuant publiquement le nom du général de Gaulle, en élevant leurs requêtes au paroxysme de la puissance revancharde, en diffamant la mémoire des victimes de l’OAS et en menaçant ceux qui la défendent. Alors que les instances en cours devant les juridictions administratives et judiciaires aboutissent à la condamnation de l’apologie des factieux, il est un membre de la représentation nationale qui ose à présent demander au Gouvernement d’étendre le bénéfice du dispositif arrêté en faveur de victimes civiles de la fusillade de la rue d’Isly à celles des événements survenus à Oran au lendemain de l’indépendance.

Encouragée par la surenchère politique, la violence du discours peut précéder la libération des actes : l’assassinat de Jacques Roseau, figure emblématique du monde rapatrié, commis en 1993 à Montpellier par un ancien membre des commandos Delta de l’OAS avec la complicité de deux de ses amis au sein de l’Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie, en a apporté la plus malheureuse démonstration.

L’État doit se ressaisir, se détourner de la voie du déshonneur, revenir à ses fondamentaux républicains pour redevenir une référence, en particulier à l’égard des collectivités territoriales : il doit mettre un terme au désordre mémoriel, à la transgression de la vérité historique et à la division entre Français.

Dans cette perspective, les organisations soussignées exigent que cessent au plus vite toutes les initiatives - nationales et locales - d’inspiration révisionniste, non seulement parce qu’elles interviennent au mépris du droit et affaiblissent le crédit de nos institutions, mais aussi parce que, deux ans avant le grand rendez-vous du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, elles nuisent à la réconciliation des mémoires ainsi qu’à l’apaisement des rapports entre la France et l’Algérie.

Dans un premier temps, le Mémorial national du quai Branly doit retrouver sa vocation d’origine et être remis en l’état où il se trouvait antérieurement à mars 2010.

- Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre(AAAACG)
- Association nationale des cheminots anciens combattants (ANCAC)
- Association nationale des pieds-noirs progressistes et de leurs amis(ANPNPA)
- Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)
- Association républicaine des anciens combattants (ARAC)
- Coup de soleil
- Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA)
- Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP)
- Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

N.B.

Depuis notre ami J.F. Gavoury président de l’ANPROMEVO a ecrit à un député français qui poussait le Ministère des anciens combattants à poursuivre le « détournement » du mémorial. Les documents sont ICI.

Les commentaires de l’article du Matin sont révélateurs du contexte politique algérien actuel.


Voir en ligne : Article paru dans le journal algérien « Le Matin »

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