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Simone Veil, une femme hors du commun qui a beaucoup fait pour l’Algérie

jeudi 5 juillet 2018, par Michel Berthelemy

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En écho à notre précédent article sur Simone Veil et l’Algérie (article du 3 juillet), nous reproduisons ici un communiqué du site d’informations lexpressiondz.com qui, sous la signature de Saïd Boucetta, rend hommage à l’action de Simone Veil en faveur des prisonnières algériennes et des condamnés à mort algériens pendant la guerre d’indépendance. En voici le texte intégral :

Elle fait face à la France coloniale durant la guerre de libération : Simone Veil « la leçon de courage »

Prendre le risque de s’opposer à une armada de colons galvanisés, c’est avoir assurément un courage hors normes qui mérite tous les hommages.

Elle aurait fêté ses 91 ans dans 10 jours. Simone Veil n’est plus depuis le 30 juin 2017. La France, pays qui l’a vu naître et où elle a tant souffert dans sa jeunesse du racisme anti-juif, jusqu’à y perdre toute sa famille, lui a ouvert le Panthéon, une nécropole où sont enterrées les personnalités exceptionnelles. Simon Veil est donc exceptionnelle aux yeux des autorités et de l’ensemble de la société française pour son courage, son œuvre et son destin hors du commun. Rescapée du terrible camp de concentration nazi d’Auschwitz, où elle avait été déportée à l’âge de 16 ans avec sa mère et sa sœur aînée, elle en est sortie avec une grande détermination et une force de caractère qui l’ont éloignée de toute envie de faire payer aux Français de l’époque, leur lâcheté. Simone Veil a gardé les stigmates de cette horrible période d’une France nazifiée et s’est battue aux côtés de ceux qui luttaient pour leur liberté.

Cette France qui l’a admise au Panthéon est la même qui, au jour même de sa libération, a assassiné 45.000 Algériens épris de liberté, justement.

C’est contre cette France horriblement colonialiste que Simone Veil a lutté, alors qu’elle était haut fonctionnaire au ministère français de la Justice. Sa mission consistait à s’occuper des établissements pénitentiaires. On pourrait penser que ce genre de poste ne débouche sur rien d’intéressant, sauf que Simone Veil y a vu une opportunité pour venir en aide à plusieurs révolutionnaires algériens détenus, à l’époque, dans d’affreuses conditions. La magistrate qu’elle était s’est battue contre le pendant colonialiste de l’administration pénitentiaire et militaire pour faire appliquer une directive prise par De Gaulle et que les militaires ne voulaient pas appliquer. Il s’agissait de l’application de la peine de mort sur 110 moudjahidine détenus. Nous sommes en 1959, la guerre de Libération nationale battait son plein et le lobby colonialiste était plus fort que jamais dans les travées du pouvoir à Paris. Prendre le risque de s’opposer à une armada de colons galvanisés, c’est avoir assurément un courage hors normes qui mérite tous les hommages.

Le « passage en force » de Simone Veil dans la masse des ultras de l’Algérie française a consisté à transférer en métropole des condamnés à mort pour leur éviter la guillotine dans l’Algérie coloniale. Elle a également eu un geste que beaucoup n’oublieront pas. Il s’agit du regroupement des femmes prisonnières dans un même pénitencier. Simone Veil leur avait ouvert la porte du savoir, en leur donnant l’opportunité de bénéficier de cours.

Simone Veil est entrée au Panthéon et l’Algérie n’oubliera pas son humanisme et son sens de l’État qu’elle a servi avec dévouement et honneur. Cette même Algérie qui l’a retrouvée, dans le feu de la décennie noire, lorsqu’elle était venue dans le cadre d’une délégation européenne pour s’enquérir de la situation qui sévissait à l’époque. Dans le rapport final de cette mission, beaucoup ont vu l’empreinte de Simone Veil qui, à travers son objectivité, a vu le potentiel réel de la société, son désir d’en finir avec les hordes terroristes et sa détermination à ne pas abdiquer, ni devant les islamistes ni face aux velléités interventionnistes d’un Occident néo-colonialiste.

Cette grande dame a largement mérité l’hommage du président de la République à l’annonce de son décès. Il y a une année, presque jour pour jour, Abdelaziz Bouteflika écrivait : « Le peuple algérien (…) n’oublie pas aussi la proximité et la solidarité que cette grande dame lui a témoignées (…). C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la nouvelle du décès de Simone Veil dont la vie passionnante aura été marquée autant par ses propres souffrances de la barbarie nazie, que par son engagement personnel admirable et inlassable contre toutes formes de déni de justice. Le peuple algérien a compté Simone Veil parmi les amis de ses justes causes. Il n’oublie pas aussi la proximité et la solidarité que cette grande dame lui a témoignées durant la terrible tragédie nationale qu’il a vécue. »

Simone Veil est entrée au Panthéon le 1er juillet 2018, elle est dans le cœur de très nombreuses familles algériennes depuis près de 60 ans.

Saïd Boucetta

http://www.lexpressiondz.com/article/0/0-0-0/295502.html

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