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Samatan : trouble à l’ordre public ou trouble du Maire ?

mardi 13 mars 2012, par Gérard Kihn

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Samatan : Projection du film « el Gusto » suivi d’un débat sur la guerre d’Algérie, avec « Coup de Soleil » et la 4 ACG. Refus du Maire du prêt de la salle municipale suite aux menaces d’un collectif de Rapatriés nostalgiques de l’algérie Française.

Le maire de Samatan n’a pas daigné répondre à nos courriers lui demandant de revenir sur sa décision, prise sous la pression menaçante d’un « Collectifs de Rapatriés », de nous refuser l’utilisation de la salle des fêtes, pour un couscous qui devait suivre la rencontre-débat du 25 février 2012 programmée au cinéma de Samatan. Il était donc exclu que les participants puissent se retrouver et dîner ensemble comme prévu dans la salle des fêtes du village.
Mais la projection du film et le débat ont eu lieu, ceci dans la sérénité…

Le prétexte de « trouble à l’ordre public » évoqué par le maire méritait des explications qui lui ont été demandées par courrier. Qui troublait l’ordre public ? Les participants (Algériens, Français, Pieds Noirs, Anciens combattants et de la 4ACG) ou bien les énergumènes excités de l’Algérie Française qui ont menacé le maire de troubles dans un courrier adressé à celui-ci ? Pas de réponse du Maire. Un peu de courage aurait dû l’inciter à porter plainte contre les auteurs des menaces inadmissibles et inacceptables dans une république.

Avant l’ouverture des portes du cinéma, nous avons vu passer par deux fois un véhicule de gendarmerie qui ne s’est pas arrêté. Aucun représentant de la mairie n’est venu assister à la rencontre ce qui aurait pu permettre à Mr le Maire, de se rendre compte de visu de la qualité et de la teneur du débat qui a suivi la projection du film « El Gusto » que je vous recommande pour la justesse du ton et la très fine analyse de la sensible amitié qui réunissait dans les années cinquante des musiciens Arabes, Berbères, Juifs et Européens pour jouer du Shaâbi, cette musique venu d’Andalousie et qui faisait fureur à Alger.

Quoiqu’il en soit la salle de cinéma pouvant contenir 200 personnes était comble. Dans la salle, toutes les sensibilités nées de la guerre d’Algérie étaient présentes : Pieds Noirs, Algériens, anciens appelés, fils ou filles d’Harkis. L’objet du débat était la guerre d’Algérie vue et vécue par les appelés ou des spectateurs et la rencontre des deux rives dans l’amitié.
A la suite de la projection, devant l’écran, se trouvaient réunis Alain Lopez, Pied Noir, plein de fougue méditerranéenne, ancien et très modeste agriculteur de la région de Frenda qui animait cette rencontre avec nos amis de la 4ACG, J. Carbonnel, M. Delsaux, G. Garié ancien officier et G. Kihn.

Chacun, avec une prise de parole limitée, a décrit son parcours militaire, les situations et les faits qui les ont amenés à prendre conscience de l’imbécillité de cette guerre et qui expliquent le pourquoi de notre refus de percevoir une retraite militaire que nous reversons à l’association dans le but d’apporter une aide à des jeunes Algériens créateurs de leur entreprise et à des associations culturelles ou d’aide.
Nous avons également souligné nos actions vers la Palestine dont on peut rapprocher la situation actuelle à celle de l’Algérie des années cinquante. Pour conclure : nous œuvrons à la nécessaire et indispensable réconciliation de nos deux pays jusqu’au sommet des États.
Dans la salle aucune récrimination n’a fusé contre la décision du maire et les vociférations du Collectif qui a réussi à faire plier celui-ci. Dans les interventions le ton était juste et modéré.

Après le débat nous nous sommes retrouvés dans une salle où nous étions conviés pour un apéritif et au cours duquel nous avons été beaucoup sollicités.
Ensuite pour clore la soirée, une trentaine de personnes environ se sont rendues à pied dans un restaurant qui se trouvait à quelques encablures et dans lequel nous avons été accueillis à bras ouverts, mais il n’y avait pas de coucous au menu…
Nous n’avons rencontré personne au cours du trajet ni à la fin du repas. Même pas l’ombre d’un képi de la gendarmerie. Cela ne nous a pas troublés.

Gerard Kihn

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