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Rencontres arts et mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie

dimanche 1er décembre 2024, par Michel Berthélemy , Christian Travers

Les 18 et 19 novembre, Christian Travers participait à l’Institut du Monde Arabe (IMA) aux rencontres artistiques arts et mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Compte-rendu (non exhaustif).

La manifestation était organisée par la commission mixte d’historiens (pour la partie française), et l’espace parisien histoire et mémoire de la guerre d’Algérie en partenariat avec l’ONACVG, sous le patronage du président de la République.
Tramor Quemeneur était le maître d’œuvre de l’ensemble de cette rencontre. C’est lui qui a ouvert les six tables rondes qui, sur deux jours, avaient été programmées.
Fabienne Merviel, Véronique Chapelle, Stanislas Hutin ont pu assister partiellement à ces débats et je les ai pour ma part suivis de bout en bout, y compris jusqu’à la projection des deux films qui clôturaient la deuxième journée et les commentaires passionnants des deux réalisateurs : Souvenir, souvenir de Bastien Dubois et Loin des hommes de David Oelhoffen.

Je me bornerai ici à ne rapporter ce qui m’a le plus marqué et qui me semble susceptible de vous intéresser. Il est en revanche peut-être plus utile de vous communiquer les noms et les créations artistiques des participants, toutes en relation avec l’Algérie, citées ci-dessous.

Ouverture des rencontres :

Après une introduction de Tramor Quemeneur, les coorganisateurs ont pris la parole :

Marie-Christine Verdier-Jouclas, directrice générale de l’ONACVG.
Elle évoque la nécessité de briser le silence et les non-dits de la guerre d’Algérie, l’importance de regarder la vérité en face comme le prescrit le président de la République. Elle évoque les témoignages qui sont réalisés dans les collèges et les lycées, qu’elle fera tout pour les favoriser, qu’elle se réjouit de voir qu’aujourd’hui des milliers d’élèves en bénéficient.
Avec beaucoup d’émotion elle indique qu’elle a assisté à une séance de témoignages en classe et qu’elle en est ressortie bouleversée. Elle espère que grâce à ces témoignages on pourra construire progressivement des mémoires apaisées entre les Algériens et les Français.
(Certains adhérents seront peut-être intéressés de savoir que Marie-Christine Verdier-Jouclas est née à Albi et qu’elle fut députée La République en marche de la deuxième circonscription du Tarn de 2017 à 2022).

Jean-Pierre LOUVEL, président de l’EPHMGA et membre de la FNAC.
Il intervient fréquemment dans les établissements scolaires. Dans son discours il indique qu’il épouse la pensée de Simone Veil qui n’aimait pas l’expression « devoir de mémoire » et lui préférait celui « d’enseigner et de transmettre ». Par une recherche sur internet j’ai pu retrouver la citation complète. Elle mérite d’être rappelée : « Je n’aime pas l’expression « devoir de mémoire ». En ce domaine, la notion d’obligation n’a pas sa place. Chacun réagit selon ses sentiments ou son émotion. La mémoire est là, elle s’impose d’elle-même ou pas. Il existe, si elle n’est pas occultée une mémoire spontanée : celle des familles. Autre chose est le devoir d’enseigner, de transmettre. Là, oui, il y a un devoir »

Tramor Quemeneur, chargé des questions mémorielles sur la colonisation et la guerre d’Algérie auprès d’Emmanuel Macron et secrétaire général pour la partie française, auprès de Benjamin Stora, de la commission mixte franco-algérienne d’historiens. Il confirme l’intérêt accentué à toutes les questions de mémoire par le président Macron et il fait l’éloge de la création artistique pour contribuer à façonner les mémoires.

Chaque table ronde était consacrée à des thèmes bien précis : la bande dessinée, avec notamment Jacques Ferrandez ; les arts graphiques et visuels, animée par Florence Hudowicz ; le cinéma et le documentaire, « modérée » par Benjamin Stora, avec Philippe Faucon et notre ami Ferhat Mouhali ; la transmission de la mémoire, animée par Abderahmen Moumen, avec Benoît Falaize ; le théâtre, avec Alice Carré et Nasser Djemaï ; enfin le roman, avec Kamel Daoud et Alexis Jenni.

Christian Travers


Voir en ligne : Rencontres artistiques | Arts et mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie

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