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« Ne nous racontez plus d’histoires »
mercredi 21 janvier 2026, par
Par Cinéma UTOPIA
PONTOISE. SAINT-OUEN L’AUMÔNE
Un film de Ferhat Mouhali et Carole Filiu-Mouhali - France Algérie 2020 1h28mn - Prix Bouamari Vautier du cinéma algérien émergent.
Séance exceptionnelle vendredi 30 janvier à 20h30 précédée dès 19h d’un petit thé à la menthe de l’amitié ou d’un verre de vin algérien, dès 19h30 (+3 euros) suivie d’une rencontre avec Christian Travers, ancien appelé ayant participé à la guerre d’Algérie et membre de l’association 4ACG (Anciens Appelé en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre)
Du 30/01/26 au 30/01/26

Elle est Française, il est Algérien. Toute leur enfance a été bercée par la guerre d’Algérie. Souvenirs traumatisants d’un départ forcé pour la journaliste, fille d’un pied-noir ; récit mythifié d’une indépendance glorieuse pour le réalisateur, militant des droits humains. Chacun a eu droit à sa version de l’histoire. Loin de l’historiographie officielle, ils rencontrent des témoins aux discours volontairement oubliés et qui se battent contre la guerre des mémoires pour faire entendre une vérité plus apaisée.
Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali parviennent en 1H30 au tour de force d’explorer les mémoires de cette guerre, sans occulter les parts d’ombre d’une construction mémorielle trop longtemps compartimentée. Partant à la rencontre des témoins d’époque sur les deux rives de la Méditerranée, le couple dresse, avec justesse et émotion, un tableau convaincant, dense, d’un passé qui reste largement douloureux pour nombre d’Algériens et de Français.
Tour à tour, anciens combattants, civils, acteurs et victimes, pieds noirs, Harkis, français engagés en métropole contre la guerre proposent des récits mémoriels qui, mis bout à bout, tissés avec soin, permettent de dresser un tableau lucide de cette guerre qu’on ne voulait pas nommer en Métropole. La question de la torture, des crimes de guerre, la mémoire oubliée des Harkis constituent assurément des moments nécessaires. Mais pour difficiles que soient ces questions, elles sont abordées, partagées avec une jeunesse avide de savoir, de comprendre. Or, si ces mémoires sont aujourd’hui clairement sur la table en France, dans les établissements scolaires, l’on découvre qu’en Algérie les mémoires sont encore plus difficiles à explorer.
À une relative absence en France de l’enseignement de la Guerre d’Algérie qui fait portion congrue dans le programme d’histoire oubliant des événements les plus inavouables comme la répression de Sétif, s’oppose en Algérie une fierté nationale qui occulte les zones d’ombre. Le film du couple a l’infini mérite d’ouvrir des portes pour une mémoire partagée.
(librement adapté de Clio Ciné)
Voir en ligne : Ne nous racontez plus d’histoires
4ACG Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre