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Les 10 et 11 mars 2012, dans une ambiance tendue

Le colloque de Nîmes a eu lieu

dimanche 25 mars 2012, par Jacques Inrep

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Il s’agissait d’un colloque historique sur le fonctionnement de la wilaya 7 ( France) au cours de la guerre d’Algérie.

Les faits :

C’est France-El Djazaïr, association amie de 4 acg, qui était à l’origine de ce projet, elle fut bientôt rejointe par d’autres mouvements anti-colonialistes. Il s’agissait de réunir autour d’une même table des historiens français et algériens spécialistes de cette période de notre histoire commune, ainsi que des témoins. Donc un programme alléchant au premier abord, car envisageant un rapprochement de nos deux peuples au travers de différents points de vue.

Mais très rapidement les difficultés s’accumulèrent, de nombreux opposants tentèrent d’entraver la tenue de ce colloque : préfecture du Gard, mairie de Nîmes, association pied-noir d’extrême-droite, certains harkis, etc … Le prétexte le plus communément avancé étant le possible trouble à l’ordre public, coup classique dans ce sud de la France où les stèles à la gloire des assassins de l’O.A.S. fleurissent de Menton à Perpignan ! Les dirigeants de France-El Djazaïr tinrent bon et c’est ainsi que le samedi 10 mars, dans une salle du Conseil général du Gard, se tint un colloque original dans ce sens qu’il s’agissait d’examiner l’histoire de la fédération de France du F.L.N.

L’environnement du colloque :

Ce jour-là, la ville de Nîmes semblait en état de siège : rues barrées, nombreux barrages avec gendarmes mobiles, obligation de présenter un « pass » pour pénétrer dans la salle, etc … Sans compter cent cinquante à deux cents braillards nostalgiques du bon temps de la colonie ! Le summum ayant été atteint par le sénateur maire U.M.P. de Nîmes, accompagné de son adjoint, également député, se faisant photographier ceints de leur écharpe tricolore, avec juste derrière eux des pancartes : Marine Présidente ! Serait-ce le début d’une recomposition de la droite et de l’extrême-droite ?

 
Le colloque :

Malgré toutes ces difficultés, la salle était presque pleine lors de l’ouverture du colloque. Deux membres de 4acg y assistaient. L’ambiance était calme et studieuse.

Dès la première intervention, celle du professeur Gilbert Meynier sur l’immigration algérienne depuis le début du XXe siècle, la salle comprit que nous allions assister à des interventions de haute volée. S’ensuivirent des exposés effectués par de jeunes historien(ne)s, ce qui nous pousse à penser que la relève est assurée. La journée se termina avec Bernard Deschamps, président d’honneur de France-El Djazaïr, qui nous entretint des spécificités du FLN dans le bassin minier des Cévennes.

Le dimanche 11 mars, la séance débuta par un brillant exposé de l’historienne Sylvie Thénault consacré à la répression sur le territoire français.

L’émotion :

Les deux derniers intervenants étaient des Algériens, Ali Haroun et Mostefa Boudina. C’est surtout celui-ci qui déclencha dans la salle une forte poussée émotionnelle lorsqu’il raconta son parcours de condamné à mort, les différents sévices auxquels il fut soumis et le souvenir de ses frères guillotinés par l’état français ( plusieurs centaines). Les larmes coulaient sur les joues des spectateurs et des spectatrices. Quelle ignominie effectuée en notre nom !

Une critique ?

Hélas, il y a encore des tabous, ainsi peut-on reprocher, en ce qui concerne le 17 octobre 1961, de n’avoir pas posé la question de l’attitude du mouvement ouvrier français face à l’organisation de cette manifestation pacifique, qui comme on le sait se termina dans un bain de sang pour les Algériens.

Une conclusion :

Le positif a été que ce colloque s’est tenu et ce n’est pas une mince affaire lorsque certains maires, parfois de gauche, se cachent sous la table pour ne pas avoir à affronter les nervis de l’extrême droite ! Merci à Bernard Deschamps et à l’équipe l’entourant pour n’avoir pas cédé aux menaces.

Un souhait pour terminer :

Que ces colloques, qui réfléchissent sur des faits historiques et non sur des phantasmes nauséabonds, se multiplient. Ce serait une façon de sortir par le haut de cette névrose française qu’est encore le souvenir de la guerre d’Algérie.

Jacques Inrep. 22 mars 2012.

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