Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Le Cinéma Algérien à Douarnenez

samedi 10 mars 2012, par Yves Boucher

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Le Festival de Cinéma de Douarnenez ( en août) se prépare, l’association organise différentes activités tout au long de l’année. L’Algérie n’est pas au programme de cet été, mais cinquantenaire oblige, une journée a été consacrée à la projection de films algériens.

C’était le 3 mars 2012, et Yves Boucher, qui a préparé cet événement, nous en parle.

Trois films ont été projetés :

« Ici on noie les algériens - 17 octobre 1961 » , de Yasmina Adi.

Ce film de 2011 retrace la manifestation des algériens de Paris qui défilent, le 17 octobre 1961, contre le couvre-feu qui leur est imposé. Cette manifestation pacifique sera très sévèrement réprimée par les forces de l’ordre. Cinquante ans après, à travers « Ici on noie les algériens », Yamina Adi met en lumière une vérité encore taboue.

 
 Cinéma algérien : un nouveau souffle de Mounia Meddour. 2011.

 Voici un film documentaire qui va à la rencontre de la nouvelle génération de réalisateurs algériens dans un pays en pleine mutation et reconstruction. Qui sont ces réalisateurs autodidactes que l’on appelle « La Génération champignon » ou encore « La Génération spontanée » ? Leur cinéma dépeint les mutations actuelle de la société algérienne.

 Combien je vous aime, d’Azzedine Meddour , Algérie, 1985
 
"À partir d’images d’archives, notamment des journaux télévisés français, Azzedine Meddour, dresse un portrait au vitriol de la colonisation française en Algérie, avec beaucoup d’humour et d’ironie. Subversif et brillant montage d’archives, Combien je vous aime n’est pas un film sur l’histoire mais sur le discours. Un discours qui se construit forcément sur un réel obstiné à refuser sa perversion.

Un discours désavoué par l’Histoire. C’est pour cela que la chronologie ne compte pas, ni mêmes vraiment les faits. Vingt cinq ans après, ce discours, ces images disent par eux-mêmes tout ce qu’ils s’assignaient précisément pour tache de ne pas dire. l’image coloniale, …/…
Ce film du regretté Azzeddine Meddour restera un morceau d’anthologie pour sa façon de dynamiter l’image coloniale, …/… " (Joëlle Stoltz.)

Mounia Medour devait être présente lors des projections, mais empêchée, elle a été représentée par sa fille.

Pas de débat après les séances, mais quelques réactions recueillies dans le public :

« Ici on noie les Algériens » a été un film très éclairant pour ceux qui n’ont pas connu cet événement. Il rend compte de la brutalité de la répression, que ces spectateurs plus jeunes disent ne pas pouvoir imaginer.

« Combien je vous aime », très satirique, a suscité des réactions diverses. Pour un ancien appelé, il est insupportable de voir tourné en ridicule ce qu’ils ont vécu à l’époque, ces souvenirs très douloureux.

Un spectateur plus jeune a été très intéressé par toutes les informations que lui apportaient ce film. Qui, nous dit-il l’a « ouvert à des dimensions qu’il ne soupçonnait pas ».

Afin de préparer cette manifestation, contacté par le directeur, je lui avais fait parvenir une documentation concernant la 4ACG : la plaquette et la brochure de présentation de l’association ainsi que les panneaux présentant la guerre d’Algérie et l’association.

Ces documents étaient bien en vue sur une table d’information ou accrochés sur un mur.

A l’issue de la 1re projection, ces divers documents m’ont permis de discuter avec plusieurs personnes qui me paraissaient intéressées par notre documentation.

Un correspondant local du journal Ouest-France m’a renvoyé à un journaliste de la rédaction de Quimper qui préparait un article pour le numéro du mercredi 7 mars, centré sur le cinquantenaire des accords d’Evian et du Cessez le feu. L’article souligne l’originalité de la 4ACG : le reversement de la pension d’ancien combattant (en oubliant quand même de signaler que les sommes collectées servent à des actions de solidarité, en Algérie, particulièrement). Par contre, il souligne bien que « notre objectif est de faire respecter les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et de travailler avec les Algériens à la réconciliation entre nos deux peuples ». Il signale également que « l’association prépare un voyage de l’autre côté de la Méditerranée en septembre. Le but : rencontrer les algériens, et parmi eux d’anciens Moudjahidines. Pour faire la paix. Enfin. »

Y. Boucher
 
 

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