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F.Jeanson

Francis Jeanson, le philosophe de l’engagement concret

Il s’était engagé en venant en aide au FLN

mercredi 5 août 2009, par 4ACG

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Francis Jeanson est décédé samedi 1er août à l’âge de 87 ans.
Il était de l’espèce rare des intellectuels persuadés que la pensée ne pouvait être qu’enracinée dans la pratique.

Pour preuve, à 21 ans, il rejoint les Force Françaises Libres et termine la guerre dans la 1re armée du général Leclerc.

Un philosophe talentueux

Une fois la paix revenue, il rejoint Sartre et devient un des plus actifs rédacteurs de sa revue “Les Temps Modernes”, haut lieu du débat politique. Il s’opposera à Camus sur l’absurde de ces révolutions qui débouchent sur la mort des libertés.

Il découvre le problème algérien

En 1948, au cours d’une série de conférences en Algérie, il découvre le racisme des pieds-noirs et juge cette situation intenable. Entre autres, le maire pied-noir de Sétif lui déclare en lui montrant un monticule de chaux recouvrant les cadavres des algériens massacrés par l’armée française :
“On les a eus. Un pour mille”.

Ce sera le départ d’un engagement radical qui le conduira à créer le réseau des “porteurs de valises” qui aide, en France, le FLN dans diverses missions : transport d’argent et de personnes, fabrication de faux papiers.

En 1955, il retourne en Algérie avec sa femme Colette. Ils y rassembleront les éléments pour leur livre “L’Algérie hors la loi”.

Son action clandestine le conduira au tribunal en 1960. Son procès fera sensation avec le témoignage de Jean-Paul Sartre : “Je suis un porteur de valises !”

Toujours de la théorie à la pratique

L’amnistie venue, Malraux alors ministre de la Culture, lui confiera la direction de la maison de la Culture de Châlons/Saône. Il y élaborera la théorie de l’approche du public qui va inspirer l’action culturelle des annés 70.
Il consacrera ensuite 3 décennies à la psychiatrie, recherchant avec médecins et infirmiers, les réponses à apporter à une souffrance qui n’est pas toujours saisissable. A travers une association , la Sofor, il apportera une aide à tous ceux qui cherchent des solutions dans une institution souvent désorientée.

Ceci ne l’empêchera pas, en 1992, de créer l’association « Sarajevo » et d’être candidat, en 1994, sur la liste « L’Europe commence à Sarajevo » du professeur Schwartzenberg

Francis Jeanson restera l’intellectuel qui aura donné son plein sens au mot engagement.


Plus de détails sur la vie de Francis Jeanson dans Le Monde du 5 août 2009.
Voir ausssi El Watan du 4 août 2009
et El Watan du 5 août 2009

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