Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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Deux membres des 4 ACG à l’AG des réfractaires à la guerre d’Algérie

dimanche 6 mai 2012, par 4ACG

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Répondant à l’invitation des nos amis réfractaires, deux représentants des 4ACG étaient présents à St Antoine l’Abbaye dans l’Isére. Au travers du refus de faire le service militaire, des prises de position et actions non violentes entreprises à l’époque, ce véritable engagement contre la guerre d’Algérie a été pour eux une découverte, Jacques Schweizer en témoigne.

Sollicité en voisin, j’ai rejoint Pierre Charbonnel, ami de 4ACG habitant Valence pour participer à l’AG de l’Association des Réfractaires Non Violents à la Guerre d’Algérie, les 23 et 24 mars à St Antoine l’Abbaye (38). Nous avons assisté le samedi soir à la projection de leur film « Comme un seul homme », au débat qui a suivi, et à la discussion sur certains des problèmes concernant l’association le dimanche matin.

Avant cette invitation, je ne connaissais pas l’existence de cette association et bien sûr je ne savais pas qu’un certain nombre de ses membres faisaient aussi partie de 4ACG en tant qu’amis.

Au cours de la guerre d’Algérie, un certain nombre d’appelés ont décidé de refuser de partir au service militaire. Soit ils s’enfuyaient à l’étranger, soit ils étaient conduits en prison. Il s’agissait d’actions purement individuelles et non médiatisées, si ce n’est quelques articles dans la presse très régionale. Ils venaient, insistent-ils d’horizons religieux et politiques différents avec des motivations diverses et aucun parti politique ne les soutenait. Mais comme un des participants l’a déclaré : « quand c’est inacceptable, je n’accepte pas ». C’est l’Action Civique Non Violente (ANCV), créée par Lanza del Vasto et la Communauté de l’Arche qui les a fédérés. Elle a organisé leur défense, soutenu leur moral, entouré leurs familles et fait pression sur le gouvernement pour instaurer un service civil en Algérie. C’est à travers elle qu’ils se sont regroupés.

Comparé à 4ACG, ils sont un petit nombre (30 ou 40). Mais ils forment une espèce de famille qui se connaît très bien et se fréquente depuis longtemps, famille où les conjoints sont totalement intégrés et participent pleinement aux activités. Leur but est de témoigner de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils ont choisi, eux, au moment où ils se sont trouvés à un moment critique avec un choix décisif à faire. D’où leurs questions après la projection du film aux jeunes qui, se trouvant dans le même bâtiment pour un autre stage, étaient venus voir le film : « Que pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui auraient fait dans des circonstances analogues ? » Réponses forcément évasives. A juste titre ils pensent que leur comportement de l’époque n’a pas été et n’est pas assez connu d’où la réalisation de ce film « Comme un seul homme » qui reprend les motivations de chacun et les actions militantes de l’ACNV, la rédaction d’un livre : « Réfractaires à la Guerre d’Algérie 1959-1963 » édité chez Syllepse en 2005 et la création d’un site web : www.refractairesnonviolentsalgerie1959a63.org. Ils regrettent que, contrairement à nous, ils ne sont pas reconnus par d’autres organisations.

Comme nous ils ont bien conscience de vieillir et se demandent comment faire perdurer leur témoignage. Une des réponses est de se rapprocher de nous car ils se sentent très proches (8 membres au moins sont membres de 4ACG en tant qu’amis, dont un, Robert Simeon, est membre du CA). Ils se posent des questions sur le devenir de leurs archives et ont semble-t-il trouvé une solution à la BDIC de l’Université de Nanterre, bibliothèque très bien organisée où les archives sont triées et classifiées très rapidement.

Comparés à la 4ACG qui, à ma connaissance, n’a pas de problèmes d’archives, ils ont beaucoup de points communs. Mais ils n’ont pas ces deux moteurs qui sont l’argent de nos pensions qui sert de déclencheur à des actions positives en Algérie ou ailleurs et les témoignages multiples de ceux de nos membres qui ont vu de leurs yeux ce qu’était vraiment la guerre d’Algérie et qui viennent le raconter dans les écoles ou ailleurs.

L’Algérie est bien sûr pour eux un point d’attraction essentiel. Certains ont participé à la construction du nouvel état après l’indépendance, mais j’ai bien senti chez eux de la déception à voir comment cet état a évolué. Ils seront plusieurs à participer au mois de septembre au voyage en Algérie avec 4ACG et je suis sûr que les échanges avec eux seront enrichissants des deux côtés. C’est d’ailleurs à la suite des discussions du dimanche concernant ce voyage que j’ai pris la décision d’y participer. Comme à 4ACG, le conflit en Palestine les mobilise et ils y voient beaucoup d’analogies avec la situation au moment de la guerre d’Algérie. Un film a été réalisé par eux ou par des gens qui sont proches d’eux et qui fait le rapprochement : « Réfractaires hier, refuzniks aujourd’hui ».

Ils ont, à côté de ces activités des problèmes d’organisation dus au fait qu’ils vieillissent et qu’ils ne sont qu’un petit nombre. Probablement plus que nous qui sommes plus nombreux.

Je ne les connaissais pas. Maintenant que je sais qui ils sont, je me réjouis de partager avec certains d’entre eux le voyage du mois de septembre.

Jacques Schweizer

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