Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

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A Brest, ils ont apporté leur témoignage dans le livre 4acg

Des algériens s’expriment lors d’une soirée débat

mercredi 28 novembre 2012, par Jean Miossec

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Le 9 novembre 2012 à la médiathèque de Pontanézen, à Brest, une rencontre a eu lieu autour du livre : « Guerre d’Algérie, Guerre d’indépendance. Paroles d’humanité ». Des auteurs de témoignages publiés se sont exprimés.

Les responsables de la médiathèque m’avaient signalé, dans ce quartier où j’habite, des témoins algériens à mettre à contribution pour le livre sur la guerre d’Algérie : Louisa Bouraya et Ahmed Ben Abdhallah. Quand le livre est paru, ils m’ont soufflé l’idée d’organiser avec ces mêmes témoins une soirée-débat. Etaient invités ceux qui avaient acheté le livre à Brest et autour, les amis de Louisa et d’Ahmed, ainsi que des habitants du quartier. Le débat a été animé par Josiane Guéguen, ancienne journaliste d’Ouest-France.

Louisa Bourraya

Lousa Bourraya a reçu la médaille du mérite pour ses trente ans de bénévolat. Elle s’est engagée auprès des femmes immigrées ou primoarrivantes pour favoriser leur intégration. Elle s’est « bougée » aussi pour les jeunes, surtout pour la scolarisation des filles.

Après une brève présentation de la 4 ACG et du livre, les anciens appelés d’Algérie et les Algériens présents – une cinquantaine de personnes - ont témoigné pendant une heure trente de « leur » guerre d’Algérie.
Voici les principales questions qui ont été abordées par les uns et les autres :

L’information. La plupart des appelés, avant de s’embarquer pour l’ Algérie, n’étaient guère informés sur l’histoire de la colonisation de ce pays, sur les causes des « événements » qui s’y déroulaient. Peu de journaux leur étaient accessibles durant les mois passés là-bas. Certains étaient même interdits comme Témoignage Chrétien ou France-Observateur. Quelques appelés ont cependant eu la chance d’être sensibilisés par leurs camarades de la JOC, de la CFTC, de l’UNEF, de l’UGDS.
La réalité de la colonisation. Au fil des mois, les appelés ont découvert comment les indigènes étaient exploités par certains colons : peu payés pour un travail harassant, des logements misérables.
La torture, les « corvées de bois ». Il ne s’agissait pas de bavures. La torture était instituée dans la plupart des compagnies pour « obtenir des renseignements ».

Une guerre totale. Très vite les appelés ont senti que la population se solidarisait avec le FLN, qu’il n’y avait aucun endroit sûr à cause des attentats, des mines sur les routes, des embuscades. Une guerre féroce se déroulait aussi en France : couvre-feu obligatoire pour les Algériens, massacre du 17 octobre 1961.

Silence des appelés au retour. Dans leurs lettres, ils n’avaient guère informé leurs familles sur la réalité de la guerre en Algérie, pour ne pas les affoler : donc peu de questions au retour. De plus certains restaient marqués par la mort qu’ils avaient côtoyée, la torture dont ils avaient été témoins ou même acteurs. Un certain nombre d’appelés ont sombré dans l’alcoolisme ou se sont suicidés.

L’accueil en Algérie. Des jeunes coopérants sont allés en Algérie en 1964-1965 pour remplacer les cadres européens qui s’étaient réfugiés en France en 1962. Ils ont reçu un excellent accueil. De même tous ceux qui vont maintenant en voyage en Algérie sont reçus à bras ouverts.

La soirée s’est terminée par un appel à la réconciliation. Il reste encore beaucoup de travail à faire aujourd’hui pour casser le racisme latent contre les personnes d’origine algérienne et pour permettre un rapprochement entre la France et l’Algérie.

Jean Miossec

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