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4ACG. Auvergne. Assemblée régionale du 26 septembre 2020
mercredi 7 octobre 2020, par
4ACG. Auvergne. Assemblée régionale du 26 septembre 2020
Excusés :
Marie France Bonnet, Gérard Caillaud (Creuse), Maurice Fradier, Robert Vasseneix, Jean pierre Verdier
18 Membres présents : Alexaline Louis, Berger Betty, Boileau Evelyne, Carlier M.Odile, Carlier Pierre (Trésorier), Chevrette Philippe, Folliguet Jacques, Lacombe Mireille, Lopez Bernard, Martin Gérard, Potié Léo, Pourieux Michel, Saïb Ferhat, Saïb Saïd, Scheurer Gérard, Scheurer Arlette, Torrent Paul, Trignol Michel
Invités : Paco Bellouche et Quentin Malcles du syndicat UNEF Auvergne
Accueil des membres et début de la réunion à 10 heures.
Gérard présente l’ordre du jour après avoir souhaité la bienvenue à tous.
La réunion commence par un tour de table : les 17 membres se présentent en indiquant les motivations qui les ont conduits à adhérer à l’association.
Gérard, notre correspondant Régional de la 4ACG, rappelle que nous organisons 2 réunions par an (mars et septembre). La préparation pour l’AG à Manosque, initialement prévue en mars, n’a pas eu lieu pour cause de confinement Covid. La réunion régionale a donc été reportée à ce jour.
Notre région compte désormais une vingtaine d’adhérents. On observe une augmentation du nombre de ceux-ci qui viennent en particulier de l’Allier grâce à notre correspondant Louis Alexaline.
Deux rencontres ont eu lieu à Singles au café de la guinguette (Puy de Dôme) et St-Christophe Allier) avec la projection du film « Retour en Algérie » d’Emmanuel Audrain et la projection de la pièce de théatre intitulée « Ma guerre d’Algérie » une création de son auteur et comédien Bernard Gerland, adhérent de la 4ACG décédé cette année. À Singles Rémi Serres était présent avec des anciens appelés.
Une première rencontre a eu lieu avec les jeunes du Collège de Rochefort Montagne. Une seconde rencontre a permis d’échanger avec les jeunes du Lycée St-Alyre à Clermont Ferrand. Étaient présents un représentant des Harkis, un représentant des pieds noirs progressistes, et un fils d’un ancien du FLN.
Une journée de formation organisée par le Rectorat a réuni des enseignants d’histoire en présence de Gérard représentant de la 4ACG.
Rencontre au cinéma Le Rio à Clermont Ferrand pour des projections de films en lien avec l’association AFAPA (Association France Algérie Pays Auvergne). Films proposés : « Les résistantes » de Fatima Sissani. En l’absence de la réalisatrice il y a eu la présence de Nadia Agsous journaliste franco-algérienne et le film « Chrétiens d’Algérie » en présence du réalisateur Jean Dulon.
Gérard rappelle que le bureau national porte sa réflexion sur la révision des statuts de la 4ACG. En effet les anciens appelés sont de plus en plus agés et il est donc essentiel de revoir les statuts car à ce jour les appelés sont en nombre inférieur de 100 par rapport aux 300 amis. Lorsque ceux-ci ne seront plus présents alors le montant des aides sera inexistant dans les projets auprès des associations que ce soit en Algérie, à Gaza ou ailleurs. Cela porte la question primordiale de l’avenir de la 4ACG. Il est donc essentiel de mettre en œuvre une réforme des statuts pour accueillir des adhérents et non plus des anciens appelés et des amis.
Pierre Carlier, Trésorier national, précise que les membres du bureau et du CA maintiennent le contact par téléphone malgré le COVID ainsi que dans les liens avec les Régions.
Il indique que l’association possède un site national (www.4acg.org) fort bien alimenté et fondamental pour la richesse de son contenu. Celui-ci créé le lien nécessaire et l’enrichissement personnel par sa lecture.
De plus il fait référence aux échanges par mails, à partir d’une liste des adhérents, qui permettent la libre expression de la pensée même s’il est vrai que celle-ci peut être parfois vécue comme envahissante pour les lecteurs.
Au niveau national l’association est engagée auprès de plusieurs associations œuvrant avec des valeurs qui nous sont communes telle que « Coup de Soleil » qui est une association culturelle. Il rappelle que l’AG Nationale qui était prévu à Manosque les 27, 28 et 29 mars 2020 n’a pu avoir lieu à cause des restrictions sanitaires. Cette AG avait toute son importance, car nous devions échanger et réfléchir sur l’avenir de l’association. Une AG future est donc repoussée pour le printemps prochain à Manosque et précise que l’avenir de la 4ACG fera l’objet d’un grand moment de débat.
Pierre souligne l’intérêt de la présence d’adhérents d’origine algérienne présents ce jour à notre réunion régionale.
Gérard évoque l’existence d’une commission archives dont il est nécessaire de rassembler de nombreuses informations relatives à la création de l’association et de son fonctionnement.
Il a été abordé les rapports avec la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie). Il apparaît que peu de liens existent. De plus il est observé que certains d’entre eux sont imprégnés de la nostalgie de l’Algérie française tandis que d’autres sont proches de nos valeurs humanistes et d’un rapprochement avec l’Algérie. Gérard a fait une mauvaise expérience lors d’une projection du film « Retour en Algérie » où un membre de la FNACA a fait un esclandre qui a empêché le débat d’avoir lieu. Pour autant il a été souligné que des anciens appelés adhèrent aux deux associations et que ce n’est donc pas incompatible.
Contrairement à la 4ACG il a été dit que la FNACA, de par sa définition d’association d’anciens combattants, reçoit des subventions de l’État.
Une intervention souligne le mémoriel du soi en opposition au mémoriel collectif. C’est ce que révèle le cadre référentiel de la mission de Benjamin Stora commandée par le Président de la République. Il s’agit donc de mettre en lien le sens profond de la mémoire entre la France et l’Algérie, cet autre mémoriel différent de celui développé par la FNACA.
Une différence essentielle apparaît entre La FNACA qui est composée exclusivement d’anciens combattants tandis que la 4ACG regroupe en son sein de nombreux amis et revendique un engagement de fraternisation avec l’Algérie. Il a été souligné qu’actuellement la FNACA semble s’ouvrir à une réflexion nouvelle dans une société qui évolue elle-même. Mireille Lacombe, Présidente de l’AFAPA, souligne que les débats sont difficiles au sein de la FNACA qu’elle connait bien. Elle confirme que ces débats ont lieu également au sein de l’AFAPA. Il y a une omerta sur cette guerre. Pierre Carlier invite autant qu’il peut être possible d’apaiser les relations entre les deux associations.
Un ancien appelé, porteur d’une histoire personnelle douloureuse en Algérie, transmets une émotion toujours vive avec une « plaie ouverte. ». Son intervention est la souffrance des mots et des maux.
L’avenir de la 4ACG
A l’origine un petit groupe, autour de Stanislas Hutin, Gérard Martin, a évoqué l’avenir de l’association et s’en est suivi l’envoi d’un questionnaire à l’ensemble des adhérents. Seule une centaine de réponses a été enregistrée sur 400 envois. Dans ces réponses ce qui a été mis en exergue c’est la notion de paix.
Que subsistera-t-il après le départ inexorable des appelés ?
Quel projet pour demain ?
L’idée d’un projet similaire en reprenant l’idée de l’Office Franco-Allemand de la jeunesse et imaginer un « office franco-algérien de la jeunesse ». Il n’est pas vain de mettre en relation des jeunes algériens que la 4ACG connait à travers les projets qu’elle soutient et bien sur développer des rencontres sur place de l’autre côté de la Méditerranée. Un étudiant algérien intervient pour exprimer qu’il est tout à fait possible de rejoindre les jeunes algériens mais à la condition de s’extraire de la guerre d’Algérie car celle-ci n’est pas leur guerre et elle appartient à une autre époque. Leur guerre est celle des années noires dans les années 90. Il rajoute qu’il faut persévérer dans l’idée d’un office franco-algérien de la jeunesse et en complément poursuivre les témoignages des anciens appelés.
Actuellement la situation est compliquée face aux restrictions sanitaires et face à la situation politique en Algérie. Les projets sont restreints et il est impossible de les mettre en œuvre.
Intervention de Pierre Carlier Trésorier national
Pierre Carlier, expose le problème qui risque de se poser après le départ des anciens appelés. En effet la majorité reverse en totalité ou en partie leur pension militaire à l’association. Celle-ci s’élève à 750€ par an. Les cotisations des autres membres ne suffiront pas à alimenter l’association pour répondre aux projets dans lesquels sont investis actuellement 84 ?000€/an. De ce montant 60 % bénéficie à l’Algérie et 30 % à la Palestine.
Evelyne suggère de limiter les projets et de s’engager dans des demandes de subventions.
Léo, quant à lui, souligne l’intérêt qu’il pourrait y avoir à se rapprocher d’autres associations dont la philosophie serait proche de nos valeurs, qu’elles soient culturelles ou œuvrant pour la paix. Il évoque l’association « Foutez nous la paix », la fête de la Belle rouge et la compagnie « Jolie Môme ». Betty propose le rapprochement avec l’association culturelle « Coup de soleil ». Il apparaît que l’association doit développer du partenariat et conserver « l’âme de la 4ACG ». Un échange s’en suit autour de l’appellation future de la 4ACG et en particulier le « contre la guerre » ou bien « pour la paix ». Pierre Carlier rappelle qu’il existe une commission contre la guerre et nombreux sont les thèmes abordés.
La fin de la matinée a laissé la place au repas iranien préparé par Mr Hojjat Babahadi qui est venu nous rendre visite et a pu ainsi échanger avec les adhérents. Merci à Sedi et Angèle pour la mise en place des mets iraniens.
Reprise des débats en début d’après midi avec le thème du SNU (Service National Universel)
Présentation du SNU par Philippe dans la version gouvernementale. Celle-ci s’adresse aux jeunes filles et garçons de 15 à 17 ans. Le SNU vise l’implication de la jeunesse dans la vie de la Nation et ainsi promouvoir la notion d’engagement et favoriser un sentiment d’unité nationale. Le stage appelé séjour de cohésion se déroule sur deux semaines. Une seconde période de 15 jours engage le jeune dans une « mission d’intérêt général » auprès d’une association, d’un corps en uniforme, d’une collectivité territoriale ou d’un service public. Les objectifs sont les suivants : Transmettre un socle républicain, renforcer la cohésion sociale, Développer une culture de l’engagement, accompagner l’insertion sociale et professionnelle.
Un parallèle troublant est fait lorsque nous parcourons le contenu du projet des chantiers de jeunesse de 1940.
Extrait : « … la future institution devait assumer essentiellement une mission d’éducation par vie en commun de jeunes de vingt ans qui, sans poursuivre d’instruction militaire, recevraient une formation physique et morale et se rendraient utiles. Trois principes : vie de plein air loin des villes, travaux d’intérêts général. Le travail des chantiers fut donc un travail en équipes au bénéfice d’une collectivité, en général la commune. Le service national des Chantiers fut un service civil dénommé « stage obligatoire… ».
Si à ce jour le SNU n’est pas obligatoire, il le deviendra en 2023.
La 4ACG se positionne clairement contre le SNU. Lors d’un vote au sein du Conseil d’Administration, la 4acg s’est jointe au mouvement national d’opposition avec un tract spécifique adressée à la jeunesse qui dit : « Nous anciens appelés qui pouvons témoigner d’avoir subi, trop souvent comme des moutons, huit années d’une sale guerre qui n’a pas dit son nom, nous pouvons vous dire :« Prenez garde, ne vous laisser pas embarquer par ce Service National Universel ».
Paco Bellouche de l’UNEF remercie la 4ACG de les avoir invités pour donner le point de vue d’une jeunesse étudiante. Il précise qu’il y a là une exploitation des jeunes, une main d’œuvre pas chère. De plus il insiste sur cette notion d’engagement qu’il préfère dans la société civile et non pas dans l’Armée en rappelant que l’engagement ne se décrète pas, cela se nourrit des rencontres et des réflexions en partage dans la société. Sur le plan budgétaire 1,5 millions d’euros est versé à l’Armée tandis que l’on ne permet pas aux étudiants de vivre dans de bonnes conditions entre les études et l’incontournable emploi pour subvenir à leurs besoins. De plus il s’agit là d’entretenir un sentiment nationaliste et modaliser les jeunes. Le sport devrait être la place des associations. Une jeunesse éduquée et émancipée bien évidemment, mais alors donnons les moyens à l’Éducation Nationale et qu’en effet la jeunesse accède à l’autonomie. Il fait le lien du SNU et du service civique en ce sens où l’un et l’autre sont des engagements par défaut.
En conclusion Paco souligne la nécessité de donner de véritables moyens à la jeunesse et l’Armée n’a pas sa place dans un projet de société, d’émancipation et d’autonomie pour les jeunes. L’ensemble des adhérents présents dans leur majorité se prononce contre le SNU.
Présentation du Festival de St-Junien par Gérard qui précise la présence d’une délégation de la 4ACG. Ce festival a pour ambition de proposer et réfléchir à la notion de paix et de la faire vivre par le biais d’une programmation populaire, riche et ouverte, sur l’autre et sur le monde.
Sept jours de réflexion, d’échanges, de coopération, d’hommages, de spectacles du 5 au 11 octobre. Cette année un hommage spécifique est rendu au Général de Bolardière dont l’épouse est la Présidente d’honneur de la 4ACG.
À signaler : le film La maquisarde sera prochainement programmé au cinéma Le Rio à Clermont Ferrand. L’héroïne participe à la guerre d’indépendance de l’Algérie.
Depuis plusieurs années l’AFAPA nous accueille dans ses locaux à titre gratuit. Il est donc temps que nous participions à un loyer mensuel d’environ 25 € ce qui nous permettrait d’avoir un véritable lieu pour stocker nos documents et bien sur nous réunir dès qu’il serait souhaitable et nécessaire. À l’unanimité les adhérents approuvent ce loyer moyennant 1 € ou 2 € par mois par adhérent.
Philippe, participe à la commission nationale des archives, et présente l’intérêt de réunir tout d’abord les archives administratives de la 4ACG. Un partenariat avec La Comtemporaine permet de stocker l’ensemble des documents relatifs à la génèse de l’association jusqu’à ce jour. Les archives personnelles tels que documents militaires, lettres, etc. pourront y être associés.
La contemporaine constitue une véritable mémoire historique des 20 ? et 21 ? siècles. Elle est à la fois une bibliothèque, un centre d’archives universitaire. Celle-ci est basée au sein de l’Université de Nanterre.
Il y a un intérêt à créer une commission archives au sein de notre groupe.
Un groupe de 3 adhérents ont élaboré un premier travail de tri administratif pour la région Auvergne. Philippe quant à lui propose de recueillir le témoignage filmé des anciens appelés. Deux témoignages ont déjà été enregistrés.
Prochaine Assemblée Générale nationale à Manosque prévue les 27 et 28 mars 2021 si toutefois les conditions sanitaires sont réunies en l’absence du COVID.
Synthèse des CR de Evelyne Boileau, Philippe Chevrette, Michel Trignol
Philippe Chevrette, Gérard Martin
4ACG Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami.e.s Contre la Guerre