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11 novembre à Toulouse : entre les médailles et l’homme de paix, deux visages d’une même commémoration

jeudi 3 décembre 2015, par Gérard Kihn

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Entre le monument de la Paix (peu de monde) et le monument aux morts (beaucoup de drapeaux), un aperçu du 11 novembre à Toulouse, par l’un de ses habitants, Gérard Kihn.

On s’est retrouvé à une quarantaine de personnes devant l’ancienne demeure de Jaurès, l’homme de paix, pour honorer sa mémoire. Lui qui avait eu la clairvoyance des horreurs de la guerre en gestation, l’un des rares hommes politiques de l’époque, capable de mobiliser pour la paix. Lui assassiné, la guerre devint possible. Tous les autres partisans de la paix se sont ensuite reniés, se rassemblant derrière l’étendard des forcenés de la guerre.

Il y avait là les représentants de La Ligue des droits de l’homme, de La Libre pensée, du Mouvement de la paix ainsi que d’autres associations.
Après les allocutions le groupe s’est déplacé au monument de la Paix avenue Camille Pujol. C’est un tout petit monument contre la façade du Lycée que personne ne remarque et pourtant il faut lire sur le fronton « Plus jamais la guerre » et la liste innombrable et sinistre des victimes.de cette guerre ignoble.
Nous étions beaucoup moins nombreux que devant la maison de Jaurès, peut être que deux commémorations ça fait beaucoup.
Des passants curieux se sont arrêtés, étonnés. Certains nous ont demandé le pourquoi de ce tout petit rassemblement, grand par sa signification.

Pour me rendre avenue Pujol je suis passé devant le monument aux morts. Beaucoup de kaki, des civils avec un béret ou un calot sur la tête. Des médailles et des breloques qui pendaient en nombre allant jusqu’à occulter les poitrines. Et des regards durs, scrutant l’au-delà de l’horizon pour les guerres à venir. Des drapeaux par dizaines. Mille personnes peut-être avec des enfants. Faut les habituer, l’avenir nous promet de sombres journées.
Et cette musique tonitruante, pour stimuler les futurs héros, qui m’a glacé l’âme.

J’ai été boire un pot au bistrot de l’autre côté de la rue. Des habitués dubitatifs et silencieux regardaient le spectacle, pas convaincus. Moi non plus.
Nous étions deux de la 4ACG.

Gerard Kihn

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