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Réponse au commentaire du général Fournier sur le film Troufions de Thierry Demaiziaire

Date de publication lundi 9 juillet 2012

Réponse d’un témoin du film « troufions »de Thierry Demaiziaires au général Fournier qui porte sur ce film un avis orienté désobligeant.

Georges Garié au Général Henry-Jean Fournier,

Je viens de lire par hasard votre commentaire sur le film de Thierry Demaizières : ’’Les Troufions’’ et je ne m’attendais pas à trouver de la part d’un officier général un vocabulaire aussi trivial. Bref, je ne m’attendais pas à être traité de ’’trou du cul’’ mais je n’en ferai pas une maladie. Par contre, je ne vous reconnais pas le droit de mettre en doute ma sincérité et comme vous prétendez que j’ai récité une leçon bien apprise, sachez que cette leçon je l’ai apprise dans le djebel kabyle comme aspirant puis sous-lieutenant au cours des années 1956 et 1957, sachez aussi que ma mémoire n’est pas défaillante tant sur nos actes que sur les actes de ceux que nous avions en face quand ce n’était pas dans le dos. Comme je le dis dans le reportage, étant passé par l’école normale d’Alger à Bouzharéa, j’ai enseigné le français aux petits algériens. J’ai soigné le trachome dévastateur chez les petits mozabites. Je ne confonds pas les exploiteurs de tous bords et les exploités. Un seul des cinq témoins interrogés dans le film évoque une décoration, celui qui a été atteint dans sa chair et c’était pour dire qu’il la refusait. Ce drame algérien a provoqué des traumatismes si profonds que les plaies ne sont pas encore cicatrisées et je considère que mon devoir est de témoigner en mettant en garde mes petits-enfants et les autres sur les dangers mortels déclenchés, dans une ambiance de haine et de peur, par l’escalade de la violence. C’est Camus qui disait qu’il faut essayer de comprendre l’autre. Bien que je sois très choqué par votre commentaire mais pour me faire pardonner la véhémence de mes propos, je vous offre un recueil de mes poèmes qui racontent en douze épisodes des faits qui m’ont directement concerné pendant ces ’’évènements’’ d’Algérie.

Georges Garié à Arrout (Ariège)le 17 juin 2012

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