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15 octobre 2011:Un colloque international a analysé
le crime d’État du 17/10/61.

Date de publication samedi 15 octobre 2011

A l’appel de la LDH et des associations Au nom de la Mémoire et le Maghreb des films, un colloque international s’est tenu à l’Assemblée nationale, devant une centaine de personnes ( dont 2 adhérents de 4acg), le samedi 15 octobre 2011, sur le thème du 17 octobre 1961.

L’introduction de Mehdi Lallaoui est suivie de la présentation, par Yasmina Adi, de son film documentaire Ici on noie des Algériens. Puis l’historien Emmanuel Blanchard resitue l’évènement par rapport aux répressions policières envers les Algériens depuis les années 1920. Gilles Manceron se demande pourquoi un tel évènement est demeuré caché ou méconnu durant des dizaines d’années. Il avance plusieurs explications, notamment les tensions internes au gouvernement français de l’époque, la responsabilité des supérieurs hiérarchiques de Maurice Papon, et l’attitude hésitante de la gauche française. IL souligne, comme le confirmera un peu plus tard l’historien britannique Neil Mac Master, qu’il s’agit là du massacre le plus important qui ait été perpétré en Europe au cours du 20e siècle.

Jean-Luc Einaudi rappelle tout son travail sur les archives et le recueil oral de témoignages de témoins de l’époque, et l’historien Alain Ruscio évoque le traitement de l’évènement par les communistes et en particulier par le quotidien L’Humanité.

Le chercheur Neil MacMaster indique ensuite qu’il a découvert, au cours de ses recherches, que la police française a assassiné davantage d’Algériens dans les jours qui ont suivi le 17 octobre que le jour même de la manifestation. Il constate que, fait très rare dans les conflits entre colonisateur et colonisé, la guerre s’est implantée avec force dans le pays colonisateur. Il souhaite en conclusion que les archives françaises s’ouvrent totalement et pour tous les publics dans un délai rapproché.

Hassan Remaoun, universitaire enseignant à Oran, travaille sur la mémoire algérienne de ces évènements. Comment est perçu le 17 octobre 1961 en Algérie ? Pour lui, cette date participe à la construction du sentiment national algérien. Contrairement à ce qu’on peut penser en France, le 17 octobre a fait l’objet très vite de centaines de débats et de rencontres entre algériens, et cela depuis les années 1960.

Pierre Tartakowski, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, conclue les débats, en affirmant sa détermination à exiger du Pouvoir la reconnaissance officielle du crime d’Etat commis ce 17 octobre 1961. Et c’est avec gravité, et beaucoup d’émotion, qu’il termine par ces mots, en faisant référence à la politique d’exclusion et de rejet de « l’autre » menée par le gouvernement français, : aujourd’hui, en France, les conditions sont remplies pour que se déclenchent des catastrophes nationales.

Michel B.

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